A la frontière entre l’Asie et l’Europe, Istanbul est une ville surprenante et culturellement très riche. Julia a décidé de s’y installer après être tombée amoureuse de la ville et des merveilles qu’elle abrite. Dans cet article, elle nous en dit plus sur son quotidien. 🙂

Vivre à Istanbul

mosquée vivre à istanbul

Bonjour, peux-tu te présenter  ?

Bonjour, je m’appelle Julia, j’ai 21 ans, je viens d’Orléans. J’ai un parcours un peu particulier : Après mon bac, j’ai essayé un BTS, ça ne m’a pas du tout plu, et le voyage s’est présenté comme une évidence.

En 1 mois, j’ai acheté un billet d’avion, un sac à dos et de bonnes chaussures de marche bien chaudes pour entamer mon tour d’Europe. C’était en novembre 2015, personne ne pouvait partir avec moi alors je suis partie seule.

Premier arrêt, l’Islande. J’ai passé tous les pays scandinaves, une bonne partie des pays de l’Est, les Balkans et j’ai fini 4 mois plus tard en Grèce. J’avais 19 ans à ce moment-là, c’était dingue. 3 mois plus tard, je suis repartie pour l’Amérique du Sud avec un ami, nous avions acheté un Combi au Brésil, pour faire 10.000 km, 5 pays (Brésil, Uruguay, Argentine, Chili et Bolivie), c’était incroyable. Ensuite, nous sommes rentrés et je suis repartie seule pour vivre en Islande 6 mois avec des amis que j’avais rencontrés un an plutôt.

Entre temps, j’ai décidé de partir à Istanbul en Turquie pour quelques jours, et j’ai décidé de prolonger mon séjour après être tombée amoureuse de la ville.

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Pourquoi es-tu partie en Turquie ? Et pourquoi as-tu choisi Istanbul ?

Je suis parti à Istanbul par amour (comme la majorité des Européennes, Européens, il faut dire que les Turcs ont un charme indéniable).

Est-ce qu’il y avait des préparatifs particuliers à faire?

Avec un visa français, on peut rester 3 mois en Turquie. Après, il faut faire une demande de résidence ou une demande de visa de travail.

Personnellement, j’ai tout fait faire par une agence, ça m’a évité de courir partout. J’ai rassemblé quelques papiers, j’ai tout donné et 2 mois plus tard j’avais mon permis de résidence.

Je ne recommande pas les agences « low cost« , j’ai eu plein de problèmes avec elles. Par exemple, mon agence ne savait pas qu’il fallait un e-visa pour les Français. Je me suis retrouvée bête après avoir attendu pendant 3 heures, pour donner mes papiers à l’administration : il a fallu que je revienne et que je paye mon e-visa en supplément car l’agence ne s’en était pas préoccupée (alors que c’est leur travail de se renseigner).

Surtout bien se méfier, il est préférable de payer un peu plus cher, mais de prendre une agence réputée, ça évitera les problèmes.

grande mosquée bleue

As-tu vécu un choc culturel important ?

Oui, il faut le dire. Istanbul n’est qu’à 3 heures de Paris en avion, mais la culture est vraiment différente. J’ai cependant été très bien accueillie et j’ai appris les us et coutumes du pays : par exemple, l’appel à la prière 5 fois par jour. Je ne suis pas de religion musulmane, alors pour moi c’était tout nouveau… Maintenant je trouve ça vraiment apaisant, même si au début, j’étais réveillée tous les matins. 🙂

Je vis dans un quartier un peu en dehors du «centre-ville». Au début, j’ai eu un petit choc en voyant les immeubles (ils sont vieux et mal entretenus). J’ai mis 2 mois à trouver l’appartement que je voulais.

Les prix des agences sont assez colossaux, il faut avoir un bon capital avant de pouvoir louer. Ensuite, il faut le meubler : ça revient cher.

Au début, je voulais absolument vivre dans le «centre», dans les quartiers de Taksim, Galta ou Besiktas, mais je me dis que j’ai bien fait de prendre un logement un peu en dehors. Je suis dans le quartier d’Atakent, c’est plus sécurisé et plus calme. Istanbul, ce n’est pas Paris, il y a du trafic 24h/24 et 7j/7, donc constamment du bruit. Au début ça va, après ça prend vite la tête. Je suis également proche de mon travail, c’est l’avantage.

Ce que je conseille pour ceux qui veulent vivre dans le «centre» c’est les quartiers de Besiktas, Ortakoy (c’est super agréable), ou le quartier de Bakirkoy (lui aussi, super). Par contre, je déconseille Taksim, ça peut craindre un peu.

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ta nouvelle vie ?

La perspective d’avenir qu’offre la Turquie, ce n’est pas du tout comme on l’imagine. En étant française, on va dire que j’arrive à avoir un statut un peu privilégié pour le travail et le salaire notamment.

Istanbul, c’est surtout une ville vraiment surprenante, aux mille et une senteurs, aux couleurs incroyables. La luminosité à Istanbul est vraiment particulière, comme nulle part ailleurs. Les couchers de soleil sont tellement magnifiques que j’essaie de n’en louper aucun.

Cet été, j’ai vu la lune rouge, juste splendide. Prendre un petit bateau pour passer de la rive européenne à la rive asiatique, c’est génial. En 30 minutes, on change littéralement de continent.

La Turquie n’est pas dans un très bon « mood » en ce moment, mais ils vont remonter. C’est un peuple très fort que j’admire beaucoup.

À l’inverse, qu’est-ce que tu n’apprécies pas trop ?

Pardon, pardon, pardon les Turcs … mais la nourriture, j’ai du mal. Je ne suis pas très viande, et pratiquement tous les plats sont à base de viande, alors pour moi c’est un peu compliqué. J’ai déjà commandé un kebab sans viande, une aberration ! Je n’aime pas non plus la façon de conduire, c’est une catastrophe, vraiment. Rester dans les embouteillages des heures et des heures pour aller visiter quelques parcs, c’est assez fatiguant.

Un autre point qui me choque, c’est l’inégalité des richesses. Je vois couramment des calèches rouler sur la même route que des Mercedes, ou encore des gens vivant dans des «quartiers pauvres» juste à côté de grands immeubles tout neufs.

les rivages d'istanbul

Il y a-t-il eu des difficultés d’adaptation dans ta nouvelle vie ?

Pas vraiment non, je m’adapte partout assez vite et les Turcs sont très accueillants et savent vous mettre à l’aise.

Tu as longuement habité en France… Alors, tu préfères vivre à  Istanbul ou notre cher pays?

Je ne sais pas… j’aime bien vivre partout et avoir de nouveaux challenges, mais je pense que je ne reviendrai jamais vivre en France. J’aime mon pays, mais je n’aime pas sa façon de fonctionner et de penser.

Ceci dit, je ne resterai pas vivre à Istanbul toute ma vie, ça c’est sûr.

Comment est le marché du travail là-bas ?

Moyen : si on ne parle pas turc c’est compliqué, si on ne parle pas anglais c’est juste impossible.

Par chance, j’ai trouvé un travail facilement, où on m’a seulement demandé de parler anglais (bilingue) et français (natif). Je suis assistante d’un docteur en greffe capillaire, je suis manager du pôle français où je m’occupe absolument de tout, communication, marketing, des patients sur place… c’est super intéressant.

C’est le genre de challenge dont je parle, c’est un monde que je ne connaissais pas du tout, et je me suis prêtée au jeu. J’ai fait au moins une dizaine de boulots différents. Mon challenge, c’est juste de réussir, même si c’est avec un travail à court terme. En France, à 21 ans et sans diplôme, jamais je n’aurais pu accéder à une place aussi importante dans une entreprise.

Et le coût de la vie à Istanbul est-il très important ?

Par rapport au salaire turc, Istanbul est une ville extrêmement chère. Si vous venez juste en vacances ici, vous allez adorer, c’est super « cheap ». En revanche, avec un SMIC turc, c’est très compliqué. Pour moi, ça va, je me débrouille bien.

En Turquie, la nourriture et les cigarettes, c’est bon marché. Mais acheter une voiture, louer un appartement, et acheter des meubles, ça revient vite très cher.

vivre à istanbul

Concrètement, combien faut-il gagner pour avoir un bon confort de vie à Istanbul ?

Pour vraiment profiter de la vie à Istanbul, il faut avoir de l’argent, sinon ça peut vite devenir frustrant (c’est mon point de vue). Je dirais donc au moins 4000 tl (886 euros), même plus. En sachant que le SMIC est à 1750tl (388 euros), vous serez bien.

Les températures ne sont pas trop extrêmes en été ?

Cet été, c’était horrible on a eu des températures allant jusqu’à 45 degrés à Istanbul ! Dans le reste de la Turquie, c’est parfois bien plus ! Il paraît qu’il va neiger cet hiver… ce pays est vraiment fou ! (rires)

Et les Turcs, qu’en penses-tu ?

Comme partout, il y a certaines personnes que je n’aime pas, mais globalement, j’aime les Turcs, ils sont gentils, accueillants, souriants, toujours prêts à aider, mais il faut se méfier quand-même.

Penses-tu rester longtemps en Turquie ?

Au moins 3 ans. Ça fait déjà 6 mois que j’y vis, et je me plais beaucoup dans mon travail et dans cette ville, alors je vais y rester encore un peu.

Un dernier mot, un dernier conseil?

Le meilleur conseil que je puisse donner, c’est de se méfier. Qu’on soit en Turquie ou en France (ou dans n’importe quel pays) il faut faire attention… Mais un peu plus en Turquie. On est des porte-monnaies, je me suis faite avoir un paquet de fois, ça fait partie du voyage c’est sûr, mais c’est un peu lassant de ne pas savoir si on peut se fier aux gens ou pas.

Il y a un groupe Facebook des francophones à Istanbul, mais je ne l’aime pas trop. Les conseils ne sont pas top, tout le monde juge tout le monde, et surtout il y a certaines personnes qui ne vivent même pas à Istanbul et qui n’y vivront probablement jamais, qui viennent un peu parasiter le groupe.

Sinon, venez visiter Istanbul, c’est une ville magnifique et si j’ai un peu de temps, je vous ferai visiter 🙂

 

Merci à Julia pour ce beau témoignage sur Istanbul. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à lui poser en commentaire 🙂

Vivre à Istanbul : l’exemple de Julia
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