Le village et le monastère de Gangtey au pied des montagnes, au Bhoutan

Voyage au Bhoutan : mon itinéraire de 10 jours, de Gangtey au Nid du Tigre

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Le Bhoutan a ouvert ses portes au tourisme en 1974. Cette année-là, 287 visiteurs y sont entrés, soit moins d’un par jour. Le record date de 2019, avec 315 000 visiteurs sur l’année : la France en accueille autant en un jour et demi. Si vous n’avez jamais vu d’images de ce petit royaume de l’Himalaya, c’est normal. Avant de partir, j’ai cherché des reportages et des posts sur les réseaux, surtout en français, et j’en ai trouvé très peu.

Fin avril 2026, j’y ai passé neuf jours, de Thimphu jusqu’au monastère de Taktsang, le fameux Nid du Tigre. Ça fait plus de 15 ans que je voyage, et c’est le plus beau voyage de ma vie. Voici mon itinéraire jour par jour, avec mes deux coups de cœur, la vallée de Gangtey et le Nid du Tigre.

Ma vidéo sur le Bhoutan : Gangtey, Punakha, le Nid du Tigre et les monastères du royaume en images.

Le Bhoutan en bref

  • Durée de l’itinéraire : 10 jours depuis Paris, dont 9 au Bhoutan
  • Étapes : Thimphu, le col de Dochula, la vallée de Gangtey, Punakha, Paro et le Nid du Tigre
  • Période de mon voyage : fin avril, frais mais agréable, avec très peu de pluie
  • Superficie et population : environ 38 000 km², un peu moins que les Pays-Bas, pour moins de 800 000 habitants
  • Visa : obligatoire (40 USD), demandé par une agence agréée au moins 15 jours avant le départ
  • Taxe de séjour (SDF) : 100 USD par adulte et par nuit
  • Guide et chauffeur : obligatoires pendant tout le séjour
  • Accès : par Delhi, puis Paro, seul aéroport international du pays
  • Budget : circuit sur mesure au Bhoutan, 5 % de réduction avec Selectour (détails plus bas)

Mon itinéraire de 10 jours au Bhoutan en un coup d’œil

Jour Étapes Nuit
1 Départ de Paris, arrivée à Delhi dans la soirée Delhi (transit)
2 Arrivée à Paro, route vers Thimphu (50 km), Trashi Chho Dzong Thimphu
3 Bouddha Dordenma, poste de Thimphu, centre-ville, réserve des takins Thimphu
4 Col de Dochula, route vers Gangtey (135 km, 5 h), monastère de Gangtey Gangtey
5 Sentier nature de Gangtey, université monastique (shedra) Gangtey
6 Route vers Punakha (76 km, 3 h), Chimi Lhakhang, Punakha Dzong Punakha
7 Couvent de nonnes de Sangchen Dorji Lhendrup, villages de la vallée Punakha
8 Route vers Paro par Dochula (130 km, 4 h), Kyichu Lhakhang Paro
9 Randonnée jusqu’au Nid du Tigre (Taktsang) Paro
10 Retour à Delhi, tombeau d’Humayun, vol de nuit vers Paris Avion

Jours 1 et 2 : de Delhi à Thimphu

Avion de la compagnie Drukair sur le tarmac de l'aéroport de Paro, au Bhoutan

Depuis la France, le Bhoutan se rejoint par Delhi, où l’on passe la première nuit en transit, puis par Paro, le seul aéroport international du pays. Deux compagnies bhoutanaises seulement assurent la liaison, et la mienne s’appelait Drukair, sans aucun lien avec le présentateur préféré des Français. À l’arrivée, j’ai découvert ce que je considère comme le plus bel aéroport du monde, posé au milieu des montagnes, jusqu’au tapis à bagages que j’ai trouvé … totalement culte. Les premiers portraits de la famille royale sont accrochés dès l’aéroport, et je n’avais pas fini d’en voir.

Le terminal de l'aéroport de Paro et son architecture traditionnelle bhoutanaise

Il reste ensuite une cinquantaine de kilomètres de route jusqu’à Thimphu. Je me suis arrêté sur un point de vue au-dessus de la capitale. De là, on voit la ville entière, encastrée dans sa vallée, avec des toits verts un peu partout. Un hommage à l’AS Saint-Étienne ? C’est peu probable, mais je le note quand même.

Vue sur Thimphu, la capitale du Bhoutan, nichée dans sa vallée à la tombée du jour

Que voir entre Paro et Thimphu

  • Le point de vue sur Thimphu : sur la route depuis Paro, pour embrasser toute la capitale d’un seul regard avant d’y entrer.
  • Le Trashi Chho Dzong : la forteresse qui abrite la salle du trône du roi et des bureaux du gouvernement. En semaine, elle ouvre en fin de journée (après 17h30 de mars à octobre, après 16h30 de novembre à février). Arrivez à temps pour la cérémonie du drapeau et la marche des gardes.

Jour 3 : Thimphu, la capitale sans feu rouge

La tour de l'horloge sur la place centrale de Thimphu

Thimphu est perchée à 2 300 m d’altitude, ce qui en fait la cinquième capitale la plus haute du monde. Elle compte environ 110 000 habitants et reste la plus grande ville d’un pays qui n’a ni autoroute ni ligne de train.

En plein centre-ville, j’ai tendu l’oreille et je n’ai entendu que quelques klaxons par-ci par-là. Aucun immeuble ne dépasse six étages, parce que chaque construction doit suivre des directives architecturales fixées par le gouvernement, banques et hôtels compris. Vous ne verrez pas non plus de panneaux publicitaires, ni de McDo, de Starbucks ou de Subway.

Thimphu est aussi la seule capitale d’Asie sans feu tricolore. À un carrefour connu du centre, un policier fait la circulation depuis une petite guérite, avec un style incroyable. En 1995, un feu de circulation avait bien été installé, mais les habitants l’ont trouvé froid et impersonnel : ils regrettaient le contact avec leur policier. Vu le nombre de ronds-points en France, je vous laisse imaginer combien d’agents il nous faudrait.

La guérite du policier qui règle la circulation au carrefour central de Thimphu

Dans les rues, beaucoup d’habitants portent la tenue traditionnelle, le gho pour les hommes et la kira pour les femmes. Kinga Norbu, mon guide, m’a expliqué qu’elle est obligatoire au travail et pour entrer dans un temple.

Mon moment le plus improbable s’est passé à la poste. On y envoie une photo de soi par email à une employée, et on repart, pour 4 à 5 €, avec un vrai timbre officiel, valable pour l’affranchissement. J’en ai choisi une prise pendant ma traversée du Canada en hiver, et une autre aux Lofoten. Le Bhoutan a une longue histoire avec les timbres : dans les années 1960, pour faire entrer des devises, le pays a édité des timbres en relief, brodés en soie ou en forme de disque vinyle qui jouaient des chants folkloriques sur un tourne-disque. Des timbres qui font de la musique !

La statue géante du Bouddha Dordenma qui domine la vallée de Thimphu

Le Bouddha Dordenma, une statue de bronze doré de plus de 50 m, domine toute la vallée. C’est l’une des plus grandes statues de Bouddha au monde. Avec les oiseaux qui passaient devant, ça m’a laissé sans voix. Juste à côté de la ville, j’ai aussi rendu visite au takin, l’animal national, qui a le corps d’un bœuf et la tête d’une chèvre. Il vit dans une réserve créée après la fermeture de l’ancien zoo, parce que le roi ne voulait pas d’animaux enfermés.

Un takin, l'animal national du Bhoutan, dans la réserve de Motithang à Thimphu

En me perdant dans un quartier résidentiel, j’ai poussé la porte d’un endroit où des gens jouaient sur le plus grand billard que j’aie jamais vu. On m’a offert un café. Honnêtement, ce n’est pas la plus belle capitale que j’aie vue, même si elle a du charme. Mais le mot qui me vient pour Thimphu, c’est apaisant.

J’en parle plus en détails ici :

Mes 24 heures à Thimphu, la capitale sans feu rouge.

Que voir à Thimphu

  • Le Bouddha Dordenma : 51,5 m de haut, sur une colline au-dessus de la ville. Allez-y tôt le matin. Fermeture à 17 h de mars à octobre, à 16 h de novembre à février.
  • La poste centrale : pour faire imprimer votre propre timbre (comptez 4 à 5 €). Fermée le samedi à 13 h, le dimanche et les jours fériés.
  • Le carrefour du policier : en plein centre, à observer quelques minutes à l’heure de pointe.
  • La réserve des takins de Motithang : à la sortie de la ville, pour voir l’animal national.
  • Le Memorial Chorten : grand stupa blanc voulu par le troisième roi, Jigme Dorji Wangchuck, dédié à la paix. Mêmes horaires que le Bouddha Dordenma.
  • Le musée du textile : pour découvrir le tissage à la main et les motifs royaux.
  • Zorig Chosum : l’école des 13 arts traditionnels du Bhoutan, avec un cursus de six ans. Fermée le samedi à 13 h, le dimanche et pendant les vacances scolaires (juillet, janvier et février).

Jours 4 et 5 : le col de Dochula et la vallée de Gangtey, mon coup de cœur

Les stupas du col de Dochula, sur la route entre Thimphu et Gangtey

La route vers Gangtey fait 135 km, soit environ cinq heures de trajet. Elle franchit d’abord le col de Dochula, à 3 088 m, où 108 stupas couvrent une colline. Quand j’y suis passé, la brume recouvrait d’abord les stupas, puis elle s’est levée petit à petit. Ils rendent hommage aux soldats tombés en 2003, quand l’armée royale, qui compte à peine 8 000 à 10 000 hommes, a été mobilisée pour déloger des terroristes indiens cachés dans les montagnes du pays. Une dizaine de soldats bhoutanais y ont perdu la vie. Le Bhoutan n’a pas connu d’autre conflit armé depuis plus d’un siècle.

Pourquoi 108 stupas pour une dizaine de soldats ? Dans le bouddhisme, 108 est un nombre sacré, celui des passions humaines à dépasser pour atteindre l’éveil, et les chapelets comptent presque toujours 108 perles. Quant aux drapeaux de prière, que l’on croise aussi au Tibet, au Népal et bien sûr au Luxembourg (non, je plaisante), leurs couleurs suivent toujours le même ordre, jaune pour la terre, vert pour l’eau, rouge pour le feu, blanc pour le vent et bleu pour le ciel. Le vent est censé transporter les prières qui y sont inscrites.

Au cours du voyage, vers 4 000 m d’altitude, je me suis retrouvé la tête dans les nuages, au sens propre. Ici, la plupart des sommets sont sacrés, et l’ascension de ceux de plus de 6 000 m est interdite depuis 1994 : le Gangkhar Puensum, autour de 7 500 m, reste le plus haut sommet jamais gravi de la planète.

À Gangtey, les animaux se promènent en liberté entre les maisons, et beaucoup d’habitants portent un pin’s à l’effigie du roi. En remontant le village, j’ai eu l’impression de marcher dans une sorte de Japon féodal. Puis je suis entré dans le monastère de Gangtey. La brume caressait le toit pendant que quelqu’un sonnait la cloche. En sortant, on m’a offert un bonbon. Le soir, à près de 3 000 m d’altitude, l’air était frais. Autour de ce monastère, j’ai ressenti un calme que je n’avais trouvé nulle part ailleurs, même en Namibie ou dans d’autres pays très peu peuplés.

Le village de Gangtey et son monastère dans la brume, vallée de Phobjikha au Bhoutan

Le lendemain, direction la shedra de Gangtey, l’une des plus grandes universités religieuses du pays. Leur ponctualité m’a bluffé : à 17 h pile, tous les étudiants sont sortis de leur chambre en même temps. Leurs études peuvent durer près de dix ans. Je les ai observés pendant le débat, un exercice central dans leur formation : l’un pose une question debout, l’autre répond assis, et le claquement de mains sert à garder celui qui écoute bien éveillé.

Un moine dans la cour du monastère de Gangtey, au Bhoutan

J’ai pu interroger un étudiant de cinquième année. Il m’a raconté qu’enfant, il s’était mis à décrire sa vie antérieure, au point de reconnaître les parents de cette vie-là. L’université n’accueille que des garçons, les nonnes étudiant dans des couvents séparés. Et pour le smartphone, c’est le week-end uniquement : en semaine, les téléphones dorment dans une boîte, chez le responsable de la classe.

Avant de vous balader, retenez qu’un stupa se contourne toujours en le gardant sur sa droite. J’ai vu des gens faire des détours en voiture pour respecter ce sens, au point qu’on pourrait croire à un rond-point. Les ronds-points, c’est français, laissez-nous au moins ça !

Que voir à Gangtey et sur la route

  • Le col de Dochula : ses 108 stupas et, par temps clair, une vue sur les hauts sommets de l’Himalaya oriental.
  • Le monastère de Gangtey (Gangtey Goenpa) : construit au XVIe siècle, sur une colline qui domine la vallée de Phobjikha.
  • La shedra de Gangtey : l’école monastique, pour rencontrer les moines et assister aux débats en fin de journée.
  • Le sentier nature de Gangtey : 1h30 de marche, du mur de pierres mani au nord du monastère jusqu’au Khewang Lhakhang, par les marais et le village de Semchubara.
  • Le centre d’information sur les grues à cou noir : ces grues rares migrent du Tibet vers la vallée en novembre et repartent en mars. Au printemps, elles sont déjà reparties.

Jours 6 et 7 : Punakha, son dzong et le « fou divin »

Le Punakha Dzong au bord de la rivière, au Bhoutan

De Gangtey, il faut compter 76 km et trois heures de route pour descendre vers Punakha, ancienne capitale du pays, dans une vallée bien plus douce. En me baladant dans le coin, il y a un détail que je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer : des phallus. Peints sur les murs des maisons, sculptés, accrochés aux quatre coins des façades, vendus en souvenir, et même montés en avion. Je l’ai baptisé le phallavion, vous me direz si vous avez mieux.

Personne ici ne trouve ça choquant, et l’explication vient d’une légende. Au XVe siècle, Drukpa Kunley, un moine tibétain surnommé le « fou divin », voulait bousculer un clergé qu’il jugeait trop rigide. C’est lui qui aurait lancé la tradition de peindre des phallus sur les façades pour éloigner le mauvais œil. On se couchera tous moins bêtes ce soir.

J’ai eu la chance d’assister à une cérémonie religieuse dans la région de Punakha. Ce jour-là, les familles se rendent au temple ensemble, toutes en habit traditionnel, et je crois qu’on peut difficilement faire plus beau comme spectacle. La cérémonie avait lieu dans un dzong, un temple fortifié comme on n’en trouve qu’au Tibet et au Bhoutan. C’est à Punakha que le premier roi du pays a été intronisé. Le bâtiment a été construit sans aucun clou, et sans aucun plan. Messieurs les architectes, respect.

Un moine dans la cour d'un dzong, au Bhoutan

Le lendemain, j’ai pris la direction d’un couvent réservé aux femmes. Une nonne m’y a expliqué la leçon la plus importante de ses années d’étude : l’attachement est la cause de tout. Aimer les autres la rend heureuse, m’a-t-elle dit. S’attacher à quelque chose, en revanche, rend triste, parce que tout finit par partir. Quand on entre au couvent, on se rase la tête, premier renoncement à l’attachement, car les cheveux, on les coiffe pour plaire.

Au monastère de Nalanda, je suis aussi tombé sur des moines qui jouaient au khuru, un jeu de fléchettes où l’on vise une cible placée à 20 m au moins, avant d’aller chercher sa fléchette au fond. Je n’ai pas testé, j’aurais fini par blesser quelqu’un.

Sur les routes, les vaches ont la priorité, parce que le bouddhisme interdit de tuer un animal. Les voitures ralentissent pour les laisser passer. La viande consommée ici est importée, notamment d’Inde. Végétarien depuis dix ans, j’ai toujours trouvé une option sans viande.

Que voir à Punakha

  • Le Punakha Dzong : construit en 1637 par Shabdrung Ngawang Namgyal, restauré après quatre incendies et un tremblement de terre. Ouvert de 11 h à 13 h et de 15 h à 17 h.
  • Le Chimi Lhakhang : le temple dédié à Drukpa Kunley, à 30 ou 40 minutes de marche à travers un village et des rizières. Il attire les femmes qui espèrent avoir un enfant.
  • Le couvent de Sangchen Dorji Lhendrup : sur une crête au-dessus des vallées de Punakha et de Wangdue, avec une statue de bronze de 4 m d’Avalokiteshvara.
  • Les villages de Talo et de Nobgang : vers 2 800 m d’altitude, berceau des reines mères du Bhoutan.
  • Le monastère de Nalanda : ses moines apprennent l’anglais et sont ravis d’échanger avec les voyageurs.

Jour 8 : retour vers Paro, et quelques clés pour comprendre le pays

La route vers Paro fait 130 km, soit quatre heures en repassant par le col de Dochula.

À Paro, j’ai visité le Kyichu Lhakhang, construit au VIIe siècle, l’un des deux sanctuaires les plus anciens du pays. C’est aussi là que j’ai rencontré un spécialiste du bonheur national brut, pour mieux comprendre ce concept dont tout le monde parle.

Le Bhoutan est passé pacifiquement à la monarchie constitutionnelle en 2008, mais la famille royale reste omniprésente et ses portraits sont affichés partout. Le roi et la reine Jetsun Pema, mariés en 2011, sont surnommés les « Kate et William de l’Himalaya » par la presse internationale. La reine compte environ 350 000 abonnés sur Instagram, plus de 40 % de la population : à la même échelle, Emmanuel Macron devrait en avoir près de 30 millions.

Si vous avez déjà entendu parler du Bhoutan, c’est sûrement pour le bonheur national brut. Depuis 1972, le pays mesure aussi sa réussite au bonheur de ses habitants, selon quatre piliers : le développement responsable, l’environnement, la culture et la bonne gouvernance. La Constitution impose par exemple que 60 % du territoire au moins reste couvert de forêts, et le pays absorbe environ trois fois plus de CO2 qu’il n’en émet. Il devance aussi la France dans le classement des pays les moins corrompus de Transparency International. Vous retrouverez mon échange avec le spécialiste du BNB dans ma vidéo consacrée au sujet.

Que voir à Paro

  • Le Kyichu Lhakhang : construit au VIIe siècle, c’est l’un des deux sanctuaires les plus anciens du pays. Un temple jumeau a été élevé à côté en 1968 par la reine mère, dans le même style.
  • Une rencontre avec un spécialiste du BNB : une session privée d’environ une heure, pour comprendre le bonheur national brut sans jargon.
  • Une ferme traditionnelle : en fin de journée, pour échanger avec une famille et découvrir son mode de vie.

Jour 9 : la montée au Nid du Tigre, mon autre coup de cœur

Le monastère du Nid du Tigre (Taktsang) accroché à sa falaise au-dessus de la vallée de Paro

Le monastère de Taktsang, que tout le monde appelle le Nid du Tigre, figure sur toutes les cartes postales du Bhoutan. Pour l’atteindre, comptez plus de 700 m de dénivelé positif, soit environ 1h30 de montée à mon rythme. Honnêtement, l’effort reste jouable. À mi-chemin, il ne m’avait jamais paru aussi proche, ni aussi loin.

Je suis arrivé en haut à 9 h du matin, et il n’y avait presque personne, dans le lieu le plus touristique du pays. J’ai rarement vu un monument aussi sublime, et je pèse mes mots. Le décor paraissait si irréel que j’avais l’impression d’être devant un fond vert. Je referais cette montée mille fois s’il le fallait.

Le monastère a été construit en 1692, à plus de 3 000 m d’altitude. La falaise à laquelle il s’accroche domine le fond de la vallée de Paro de près de 900 m, presque trois fois la hauteur de la tour Eiffel. C’est ici que serait né le bouddhisme au Bhoutan : la légende raconte qu’un grand maître, Guru Rinpoché, serait arrivé sur le dos d’une tigresse, d’où le nom du lieu. C’est un site de pèlerinage majeur pour les Bhoutanais, et certains moines y vivent des années sans presque jamais redescendre. À l’intérieur, photos et vidéos sont interdites, ce qui rend la visite encore plus forte.

C’est là-haut que je vous ai parlé, dans la vidéo, d’un ressenti que j’avais depuis le début du séjour. En 15 ans de voyages, je n’avais jamais visité un pays aussi apaisé, et le bouddhisme y est sans doute pour beaucoup. J’étais presque seul à chaque visite, et je rencontrais surtout des Bhoutanais, qui parlent bien anglais. Devant ce monastère, j’avais les larmes aux yeux.

Une anecdote toute bête l’illustre bien. Dans un escalier, mon guide m’a demandé de regarder où je posais le pied, parce qu’une abeille était sur la marche et qu’il ne fallait surtout pas l’écraser.

Que voir au Nid du Tigre

  • Le monastère de Taktsang : partez tôt, la voiture vous dépose au début du sentier. Comptez 4 à 5 heures de randonnée aller-retour avec la visite.
  • Le bâtiment principal : gravement endommagé par un incendie en 1998, il a retrouvé son allure d’origine après des années de restauration.
  • Le retour : l’après-midi est libre, et la dernière nuit se passe à Paro.

Budget et infos pratiques pour préparer votre voyage au Bhoutan

Un berger bhoutanais en tenue traditionnelle au milieu de ses vaches dans une vallée de montagne

La taxe de 100 dollars par nuit

Pour éviter le tourisme de masse, le Bhoutan fait payer à chaque visiteur une taxe de développement durable, la SDF (Sustainable Development Fee). Elle s’élève à 100 USD par adulte et par nuit, en plus des 40 USD de frais de visa (France Diplomatie). Ce montant correspond à une réduction de moitié sur le tarif de 200 USD, annoncée du 1er septembre 2023 au 31 août 2027. Les enfants de 6 à 12 ans paient demi-tarif, et c’est gratuit avant 6 ans. Pour cet itinéraire de 8 nuits au Bhoutan, comptez donc 800 USD de taxe par adulte, plus les 40 USD du visa.

Je tiens à nuancer ce système. Payer 100 dollars par jour ne garantit en rien un tourisme plus respectueux, et ça revient à trier les visiteurs selon leur portefeuille : le Bhoutan ne se découvre que si l’on en a les moyens. La bonne nouvelle, c’est que l’argent finance surtout des soins et une éducation gratuits pour toute la population, en plus de la protection des forêts.

Visa, guide et formalités

Il vous faut un passeport valable six mois à compter de votre entrée au Bhoutan, et un visa. Un tour-opérateur agréé s’en charge, au moins 15 jours avant le départ, avec le billet pour Paro. Si vous sortez de l’aéroport de Delhi, par exemple pour visiter la ville au retour, il vous faut aussi un visa indien.

Argent et paiements

La monnaie locale, le ngultrum, vaut exactement une roupie indienne. La carte bancaire passe rarement en dehors de quelques boutiques de Thimphu et des hôtels haut de gamme : emportez des espèces.

Quand partir

Je suis parti fin avril, au printemps : il faisait frais mais agréable, avec très peu de pluie. Si vous rêvez de voir les grues à cou noir de la vallée de Gangtey, il faudra plutôt viser la période de novembre à mars.

Questions fréquentes sur un voyage au Bhoutan

Drapeaux de prière colorés sur les hauteurs de Thimphu, au Bhoutan

Faut-il un visa pour aller au Bhoutan ?

Oui. Les Français ont besoin d’un visa à 40 USD, demandé au moins 15 jours avant le départ par un tour-opérateur agréé. Le passeport doit être valable six mois à compter de l’entrée dans le pays.

Peut-on voyager au Bhoutan sans guide ?

Non, guide et chauffeur sont O-BLI-GA-TOIRES pendant tout le séjour. Le pays compte 3 500 guides officiels, et ils suivent votre rythme : je me levais à 5 h tous les jours, et mon guide est peut-être en burn-out à l’heure où j’écris ces lignes.

Combien de jours faut-il pour visiter le Bhoutan ?

Comptez une dizaine de jours depuis la France, dont neuf sur place, pour voir Thimphu, la vallée de Gangtey, Punakha et Paro avec la randonnée du Nid du Tigre.

Combien de temps faut-il pour monter au Nid du Tigre ?

Environ 1h30 de montée pour plus de 700 m de dénivelé positif, et 4 à 5 heures aller-retour avec la visite. Partez tôt, à 9 h j’étais presque seul.

Faire ce voyage avec Selectour

J’ai fait ce voyage en partenariat avec Selectour, le premier réseau d’agences de voyages indépendantes en France, avec plus de 1 000 agences. Ils m’avaient déjà accompagné en Namibie, en Ouzbékistan et en Egypte. Au Bhoutan, où l’agence et le guide sont obligatoires, leur rôle compte encore plus : ils construisent le parcours selon vos envies, que vous vouliez vous lever tôt le matin ou choisir votre type d’hébergement. Ensemble, nous avons créé un circuit au Bhoutan qui reprend l’essentiel de cet itinéraire, de Thimphu à Punakha en passant par Gangtey et le Nid du Tigre : voyage au Bhoutan sur les traces de Bruno Maltor.

Le circuit est personnalisable et se réserve uniquement en agence, sur devis selon vos dates. Allez dans l’agence Selectour la plus proche de chez vous, demandez le voyage de Brubru au Bhoutan (ils comprendront !) et donnez le code « Le voyage de Bruno » pour obtenir 5 % de réduction.