Bon. On va pas se mentir, c’est très difficile de trouver les mots pour vous parler d’une des plus belles expériences de ma vie. Mais c’est aussi le but d’un blog, donc je me lance. Aujourd’hui, je vais vous parler de mon ascension sur le Volcan Acatenango afin de pouvoir voir El Fuego en éruption face à moi. Oui, oui, on parle bien d’un volcan en éruption là !

Dois-je vous préciser qu’il s’agit là d’un incontournable lors d’un voyage au Guatemala ? Répétez 10 fois après moi : Je vais réaliser l’ascension de ce volcan. Je vais réaliser l’ascension de ce volcan. Je vais réaliser l’ascension de ce volcan … Car, oui, je ne peux que vous recommander vivement de la faire, cette fameuse ascension.

Mais avant de tout vous expliquer à l’écrit, je vous invite à regarder le résumé de ma formidable expérience en vidéo :


Même si j’ai pas mal abordé le sujet dans la vidéo ci-dessus, voici toutes les infos que vous devez prendre en compte pour l’ascension de votre vie (oui, désolé, j’me chauffe sur les mots, mais vous n’êtes pas prêts pour cette expérience !).

Tout commence à Antigua

Je vais commencer par vous faire une petite description d’Antigua, la grande ville qui se situe à côté du volcan d’Acatenango. D’abord parce qu’elle est très jolie et historiquement intéressante mais aussi parce que c’est le point de départ de mon aventure.

L’ancienne capitale

Antigua fut à une époque la capitale du Guatemala mais après les grands tremblements de terre de 1773 qui ont ravagé la ville, les autorités locales ont décidé de déplacer le pouvoir à Guatemala City et d’en faire la nouvelle capitale. Ironie du sort, cette dernière fut aussi frappée par de nombreux tremblements de terre dans les années qui suivirent.

La ville a été bâtie par les espagnols au XVIe siècle, ce qui explique le style colonial de ses bâtiments, et je crois que c’est vraiment la plus belle de tout le pays (en tout cas c’est celle que j’ai préférée…et de loin). Les couleurs vives des murs, les grandes églises, les parcs et les rues pavées donnent un cachet indéniable à ses rues.

Elle est aussi très touristique, et si par exemple j’avais quand même vu peu d’expats et backpackers en me baladant au Guatemala, j’en ai croisé beaucoup plus à Antigua. Et ça a un impact certain sur l’économie de la ville. Elle semble plus riche que le reste du pays et le nombre de cafés, concept stores et restaurants est aussi bien plus élevé que dans le reste du Guatemala.

Vous l’avez compris, j’ai vite été séduit par l’ambiance de la ville. Je suis resté plusieurs jours pour travailler et me reposer un peu avant l’ascension qui m’attendait…et Dieu sait que j’allais en avoir besoin.

Voici quelques lieux que je vous conseille particulièrement à Antigua :

Cerro de la Cruz

C’est clairement le meilleur point de vue sur Antigua. De là haut vous pouvez observer l’ensemble de la ville avec le volcan en arrière plan. Un spectacle de ouf qui donne un petit aperçu de ce qui vous attend lors de l’ascension.

Le point de vue Cerro de la Cruz à antigua

Mercado de Artesanias El Carmen

C’est un marché assez touristique mais je trouve que le lieu et l’ambiance sont tout de même assez sympathiques et que ça mérite donc que vous alliez y faire un tour, voir acheter un ou deux souvenirs pour la famille.

L’Arche de Santa Catalina

L’Arche de Santa Catalina a été construite au XVIIe siècle et se trouve en plein centre de la ville. Elle se trouve surtout dans une des plus belles allées, avec d’un côté l’Église La Merced et de l’autre la place centrale et son parc. Passez y très tôt le matin pour éviter la foule.

L'Arche de Santa Catalina à antigua

Où dormir à Antigua ?

Lors de mon séjour à Antigua j’ai dormi à l’Adra hostel, ça doit être une des auberges de jeunesse les plus cools que j’ai pu faire au cours de mes voyages. Elle est en plein centre, super clean et surtout le lieu est magnifique. Je vous conseille d’y aller, même pour juste boire un verre et chiller.

Pour ceux qui veulent un peu de confort, ils proposent dortoirs ou chambres individuelles 🙂

Les volcans

Quelle condition physique pour l’ascension ?

Je ne suis clairement pas un sportif. Tout comme 90% du groupe avec qui je suis parti, je ne fais du sport qu’occasionnellement  … Et j’y suis arrivé sans trop de problèmes. Pour cette ascension, selon moi, c’est surtout le mental qui joue. Oui, c’est long. Oui, c’est dur (surtout le début, les deux premières heures). Mais sachez que l’ensemble des gens de mon groupe, soit une vingtaine de personnes, sont arrivés au camp qui est à 3.800 mètres et qui offre déjà une magnifique vue sur le volcan. Alors, si on a TOUS pu le faire, je suis sûr que vous aussi.

Je ne minimise pas l’effort de OUF qu’il faudra faire, vous allez évidemment en chier. Mais vous y arriverez. Et la douleur de la montée vous fera encore plus apprécier le spectacle à l’arrivée … Je voulais le préciser d’emblée car j’ai lu beaucoup d’articles trop pessimistes sur le web qui étaient à la limite de me faire abandonner avant même d’avoir tenté l’aventure. Vous allez y arriver, j’en suis sûr, je crois en vous 🙂

Partir avec une agence pour faire l’ascension du Volcan Acatenango ?

Comme je le dis dans la vidéo, j’ai fait le choix de partir avec une agence afin de grimper le volcan. Déjà par mesure de sécurité (perso, j’aurais eu du mal à trouver le chemin tout seul par moment même si il y a pas mal de monde qui fait la rando et qui peut aider) mais aussi car le rapport qualité/prix me semblait totalement accessible. J’ai choisi l’agence Wicho & Charlie’s que je ne peux que vous recommander (ils sont très pros, reversent une partie des bénéfices à des associations locales, etc), et, pour environ 50 euros, vous aurez le droit à :

  • Plusieurs guides avec votre groupe ce qui est très important car il y a forcément une différence de niveau quand tu pars à 20, et les guides peuvent donc former des sous-groupes.
  • Plusieurs repas.
  • La nuit en tente au camp.
  • Du matériel supplémentaire en location gratuite et en location payante.

Franchement, je pense refaire cette expérience dans quelques années et je compte bien repasser par cette agence. Allez-y les yeux fermés, ils sont de toute façon ultra recommandés sur internet, je ne suis pas le seul à les conseiller 🙂

VÊTEMENTS & MATÉRIEL : QUE PRENDRE AVEC VOUS POUR L’ASCENSION ?

N’oubliez pas une chose, en haut, il fait (très) froid. Alors même si vous avez du mal à croire, au départ d’Antigua, que vous allez vous geler une fois arrivé au sommet, faites-moi confiance à ce sujet : Prenez PLUS de vêtements que nécessaire. Comme dit au-dessus, l’agence peut vous louer du matos et des vêtements, alors ne vous privez pas, même si ca peut coûter quelques euros. Partez du principe qu’il fera environ 0 degré en haut la nuit et le matin … Donc on évite de n’avoir qu’un simple short et tee shirt 😉

Aussi, prenez beaucoup d’eau (au moins 4,5 litres), et de quoi grignoter (même si vous allez avoir à manger par l’agence, je pars du principe qu’il vaut mieux avoir trop que pas assez quand tu pars pour un effort physique conséquent).

Pour les amateurs de photo qui veulent faire des poses longues, pas forcément besoin de prendre un trépied car l’agence en fournit un en haut, mais double checkez bien l’info le jour de votre départ !

En résumé : Beaucoup de vêtements, beaucoup d’eau, et de quoi grignoter.

Parlons de l’ascension (oui, c’est quand même ça le plus important)

Parlons du sujet qui fâche : La grimpette sur le volcan Acatenango. De ce que j’ai entendu, selon votre niveau, il faudra compter entre 5 et 7 heures afin d’atteindre le sommet. Il y a trois parties principales pour la rando, la première étant CLAIREMENT la plus difficile. C’est la où il ne faudra pas se griller, ne foncez pas tête baissée. En plus de ça, vous allez bouffer de la poussière à tout va, donc prenez bien un masque de protection à Antigua afin de faire la rando. Au début, les autres personnes du groupe se moquaient de moi et de mon masque … Mais je peux vous dire qu’elles rêvaient vraiment d’en avoir un aussi après 20 minutes de marche 😉

le début de l’ascension du volcan de Acatenango

Il faudra au moins 1H30-2H afin d’arriver à la forêt qui annoncera la fin du plus dur, et le début du kiff. Car ce passage est clairement plus sympa. Il y aura de l’ombre, (un peu) moins de poussière, et ça grimpera globalement moins. Avant d’arriver sur la troisième partie, qui sera la plus plaisante. On commence à bien voir le volcan, le chemin est agréable, et surtout on se motive à 200% car on sait que la fin est proche 🙂

Les vues sur le volcan el fuego se suivent et sont à chaque fois plus impressionnantes

Et voila. Après plusieurs heures de marche, tu es enfin arrivé(e) au camp. S’offriront alors à toi trois options :

  1. Rester au camp, te mettre en PLS et attendre le coucher de soleil et la nuit afin de profiter de la vue qui s’offrira à toi.
  2. Grimper pour le coucher de soleil si la météo le permet et si les guides le proposent (n’hésite pas à demander quand même, on sait jamais …).
  3. Aller jusqu’à la base du Fuego si tu as pris cette option (je n’ai pas pu le faire, les conditions météo ne le permettaient pas).

J’ai choisi l’option 2. Et il est donc temps pour moi de parler de l’étape la plus DIFFICILE (oui, je l’ai mis en gras ce mot-la) de la rando …

Aller du camp de base au sommet de l’Acatenango

Bon. Je l’avoue de suite, je ne vais pas passer par quatre chemins : vous allez en chier sur cette partie-là.

Une heure de souffrance, une heure à grimper un mètre et à redescendre de deux à cause du gravier du Volcan. Une heure à se dire « mais qu’est ce que je fous là bordel de merde« . Oui, vous allez galérer. Mais par pitié, ne vous arrêtez pas. Par pitié, allez au bout de cet effort et vous vivrez alors un des plus beaux moments de votre vie.

Car, une chose est sûre, quand vous serez à 3996 mètres de hauteur, quand le Volcan Fuego s’offrira à vous, quand vous serez à peine 10 à pouvoir apprécier ce spectacle … A ce moment-là, vos jambes retrouveront toutes leurs forces, votre souffle ne sera coupé que par la beauté de ce qui se trouvera face à vous.

L'un des plus beaux moments de ma vie, quand les nuages ont fait place au volcan el Fuego

Et c’est bien ça le plus important finalement.

Le volcan el fuego en eruption

Après avoir pleuré 2-3 fois devant la beauté du paysage, et devant les éruptions volcaniques qui illuminent le ciel de plus en plus au fil de la tombée de la nuit,je suis redescendu jusqu’au camp de base pour manger avec le reste du groupe qui n’était pas monté. Et j’ai profité du deuxième spectacle grandiose que m’a offert le Fuego et la nature : des éruptions volcaniques toutes les dix minutes, face à moi, et un ciel dégagé rempli d’étoiles qui scintillaient comme jamais. Difficile de vouloir dormir quand on a un tel spectacle devant soi …

Le volcan el Fuego pris en photo pendant la nuit

Ceci est une pose longue : J’ai posé mon appareil photo (tout mon matériel photo et vidéo en voyage est listé ici pour info) sur un trépied et j’ai pris une photo de 30 secondes sans que l’appareil ne bouge + ouverture f4 vers l’infini + 1600 ISO.

Au final, j’ai dormi 3 heures … Parce que j’ai voulu remonter pour le lever du soleil. Je vais pas vous mentir, c’était un peu suicidaire car la fatigue était vraiment présente, et on était que 4 sur 20 à tenter l’expédition.

Évidemment, on a galéré, mais évidemment, on y est arrivé pour la seconde fois. C’était vraiment puissant, mais peut-être un poil moins car il y avait d’autres groupes d’autres agences qui étaient aussi présents. Attention, on était pas 500 non plus, mais ca n’empêche que ça rendait le moment un poil moins marquant à mon sens. Sans doute parce que j’y suis aussi allé la veille une première fois 🙂

Le volcan el fuego depuis le volcan d'acatenango

Après le lever du soleil, il était temps de repartir. Les graviers qui étaient des ennemis pour grimper l’Acatenango sont des alliés pour redescendre : en mode ski, on glisse, on rigole et on descend à toute allure. Il m’aura fallu environ 3 heures pour retourner au point de base, puis à Antigua, puis au fabuleux logement Adra Hostel qui était l’endroit parfait où tout a commencé, et où tout a pu se terminer comme il le fallait.

Cet article fait partie d’une série d’articles que j’écris sur le Guatemala, vous pouvez les retrouver ici :

Au final, j’ai vécu une expérience folle, une expérience que je vous oblige à faire si vous passez au Guatemala (ce qui serait une bonne idée, vous l’avez compris). N’hésitez pas si vous avez des questions, les commentaires sous l’article sont là pour ça 🙂

 

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