Aujourd’hui, je vous présente Alizé, une fan d’un mode de voyage de plus en plus trendy : Le Slow Travel. Qu’est-ce qui se cache derrière ce terme? Comment être un slow traveler? Pourquoi l’être d’ailleurs? Alizé nous explique tout sur cette façon de voyager qui ne manque pas d’avantages!

Sur la route depuis 2010, je voyage en continu avec mon copain québécois que j’ai rencontré lors d’un séjour en Tanzanie. Depuis, on voyage ensemble, lentement, sur les routes du monde. D’un mois jusqu’à un an par destination, on aime explorer un lieu en y vivant pour un plus long moment. Vous pouvez suivre nos aventures autour du globe ainsi que nos astuces sur notre mode de vie nomade via notre blog Détour Local (http://www.detourlocal.com)

LE SLOW TRAVEL

Le slow travel, c’est quoi ?detourlocal_votretourdumonde_01

À l’ère de la vitesse et de la technologie, certaines personnes ressentent le besoin de ralentir, de prendre le temps de savourer la vie, de réaliser où ils en sont et ce dont ils ont vraiment envie. Le principe du slow travel, ou de voyager plus lentement, surf sur la vague d’un mouvement global qui invite les gens à ralentir leur rythme de vie, afin de contrer leur stress dû à un mode de vie «moderne» et rapide. Il propose un retour aux sources et à une certaine simplicité volontaire, afin de mieux comprendre les réalités du monde, des gens et de l’environnement qui nous entourent.

Le slow travel, c’est profiter du luxe de prendre son temps.

Le slow travel, c’est profiter du luxe de prendre son temps. Que ce soit ici ou ailleurs, c’est s’offrir l’opportunité de s’imprégner des lieux où l’on se trouve et des gens qui y vivent. C’est prendre part à la vie sociale d’un endroit et prendre le temps de la découverte en privilégiant la qualité de l’expérience plutôt que la quantité d’activités que l’on y fera en un temps définit.

Découvrir un lieu plus en profondeurdetourlocal_votretourdumonde_02

Tout a commencé lors de mon premier voyage en solitaire, lorsque je suis partie en Nouvelle-Zélande pendant six mois. À l’époque, six mois, ça me paraissait si long. Je partais dans l’intention d’améliorer mon niveau d’anglais, mais surtout d’y vivre pleins d’aventures. Sans vraiment m’en rendre compte, c’est à ce moment que je me suis initiée à un mode de voyage plus lent.

Là-bas, j’ai découvert ce que c’était, que de ne pas tout planifier en permanence. De profiter du moment présent, sans vouloir tout voir et tout faire. Je voulais vivre pleinement mon voyage, sans horaire précis, ni limite de temps. J’avais six mois de découvertes devant moi et c’était ma seule contrainte réelle. Pour le reste, j’étais libre de prendre mon temps.

J’ai pu expérimenter ce que c’était que de vivre pendant plusieurs semaines coupées du «monde», perdues dans une ferme entourée de chèvres à profiter d’une certaine lenteur qu’offre ce mode de vie. Ou encore de marcher plusieurs jours d’affilée, en pleine nature dans des paysages grandioses, sans y croiser une seule personne. J’y ai fait la rencontre de gens formidables qui m’ont fait changer ma vision de la vie et avec qui j’ai partagé plus qu’un simple bout de chemin. Toutes ces magnifiques expériences n’auraient pas été possibles si j’avais tout planifié et tout prévu d’avance, sans laisser place à de l’imprévisible. On peut résumer ça en la beauté de l’aléatoire et la synchronisation du laisser-aller.

Depuis cette aventure, je n’imagine plus partir en voyage pour seulement quelques semaines.

Depuis cette aventure, je n’imagine plus partir en voyage pour seulement quelques semaines. J’ai besoin de ressentir, de flâner et de laisser place à l’imprévu et aux opportunités qui s’ouvrent doucement à moi. J’aime m’immiscer dans la vie des gens locaux et découvrir un lieu à travers leurs yeux. J’adore développer mes petites habitudes, mes routines de voyage, à chaque endroit qu’on visite. J’aime découvrir à travers mes nouveaux amis sur place et tenter l’expérience de vivre un endroit en profondeur plutôt que de simplement le visiter.

Prendre le temps de prendre le temps

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Depuis bientôt cinq ans que je voyage en continu avec mon compagnon, nos meilleurs souvenirs sont toujours liés à une personne ou une expérience particulière et non pas à un lieu précis. Nous faisons régulièrement des échanges de services (http://detourlocal.com/echange-mo-i-rana/) et à chaque fois, on en retire énormément de bonheur et d’apprentissages. Sans avoir eu besoin de payer quoi que ce soit, nous avons pu partager notre temps avec d’autres personnes qui nous ont, en échange, apportées bien plus qu’on aurait pu l’imaginer au départ.

Voyager plus lentement, ça nous rend plus conscients

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Le slow travel invite à être plus éco-responsable et sensible à l’environnement. En ayant le temps, on se permet d’utiliser des moyens de transport moins polluant et plus profitable à l’économie locale. En choisissant les transports en commun ou encore mieux, la marche, le vélo ou le bateau, on considère que le déplacement fait partie intégrante du voyage et qu’il doit être apprécié autant, sinon plus, que la destination finale en soi.

En mettant de l’avant les rencontres avec les locaux, on a envie de privilégier les échanges économiques directement avec eux.

En mettant de l’avant les rencontres avec les locaux, on a envie de privilégier les échanges économiques directement avec eux. L’objectif est de consommer plus local, plus proche de nous, plus près de nos intentions quotidiennes. Que ce soit dans le choix des activités, du logement ou de notre alimentation, on préfère toujours aller vers le commerce local, en mangeant dans les petits restaurants de rues ou en allant simplement acheter des fruits et légumes directement au marché du village. En plus de nous permettre de sentir le pouls local d’une destination, qui sait quelles nouvelles aventures nous attend au coin de la rue.

Lors de notre séjour de cinq mois en Norvège, nous avons, par exemple, loué des vélos hors des agences traditionnelles, pour parcourir les îles Lofoten au rythme tranquille de nos pédales. Équipés d’une tente et d’un petit réchaud, nous avons pu découvrir les perles des paysages nordiques et faire des rencontres fabuleuses et surtout inattendues. Comme ce pêcheur, qui nous a proposé de l’accompagner humblement pour une partie de pêche alors qu’il était déjà 23h00, sous le soleil de minuit. Sans vraiment comprendre ce qu’il nous offrait, nous l’avons suivi sur son bateau. Pendant plus de trois heures, nous avons pêché et pu profiter d’une croisière unique dans les fjords norvégiens, accompagnés du meilleur des guides, un vrai marin local. La récolte avait été bonne, et pour nous remercier, notre nouvel ami nous a invité à déguster nos prises avec lui. Le tout accompagné d’une bonne pinte de bière, pour finalement se terminer aux petites heures du matin. À ce moment, nous avons vraiment compris la synchronisation aléatoire d’un rythme de voyage plus lent. Au bon endroit, au bon moment, à flâner dans le seul bar du village, il faut le voir pour le croire.

Le slow travel, c’est pour tout le monde

A priori, on pense que ce type de voyage ne s’adresse qu’à des gens qui ont le temps de prendre des vacances, plus longues et plus fréquentes. Ce qui laisse croire que ce mode de voyage n’est pas à la portée de tout le monde. Mais pour nous, le slow travel est et doit être accessible à tous, que ce soit pour un voyage de deux semaines ou seulement pour quelques jours.

Tout est une question de revenir à des choses plus simples, plus posées et moins divisées.

Tout est une question de revenir à des choses plus simples, plus posées et moins divisées. Tout d’abord, ça passe par un contact direct avec les gens qui vous offrent leurs services. Ils vous permettront de trouver tous les petits trucs et astuces, que souvent, seuls les locaux connaissent, afin de découvrir un endroit d’une façon différente et moins commercial. Le simple fait de connecter avec eux, vous permettront de ralentir vos ardeurs et de prendre le temps d’écouter leurs histoires.

Ensuite, c’est aussi de choisir un seul et unique lieu et de s’y installer plus longtemps pour y vivre au rythme local. En soi, vouloir toujours tout faire et tout voir ne devraient pas être un critère prioritaire de voyage. Il faut préconiser la qualité avant la quantité. Vos expériences de voyage, en bout de ligne, en seront souvent bien plus riches. Pensez à un bon repas, qui parfois perd l’essentiel du goût original, lorsqu’on y ajoute trop d’ingrédients. En voyage, c’est un peu la même chose. Il faut prendre le temps de goûter les choses une à une, et ça, ça demande nécessairement plus de temps.

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Sur ce point, notre séjour d’une semaine à Athènes est un bon exemple. Comme à notre habitude, on s’était organisés à la dernière minute pour trouver notre logement, un peu en mode urgence. On a finalement trouvé un CouchSurfing chez Michaël, qui accepta de nous dépanner pour une seule nuit. C’est déjà ça ! Le courant est tout de suite bien passé et rapidement, il nous a offert de rester jusqu’à l’arrivée de ses prochains surfeurs. N’ayant pas non plus prévu de guide de la ville, nous étions un peu perdus sur quoi voir et quoi faire dans la ville. Il s’est révélé que Michaël était un guide touristique durant ses temps libres dans une auberge de jeunesse au centre-ville. Il nous a invité à venir suivre gratuitement une de ses visites et il nous a renseignés sur une panoplie de bons plans et d’endroits sympas à découvrir dans la ville. Une vraie mine d’or. Nous avons également eu l’occasion de rencontrer ses amis lors de belles soirées arrosées sur son toit terrasse, qui nous ont eux aussi donné pleins de recommandations et bons plans hors des circuits traditionnels à ne pas manquer. Bref, malgré que notre séjour à Athènes fut de courte durée (moins d’une semaine), nos rencontres et notre rythme de voyage ont rendu cette semaine improvisée une des meilleures de notre séjour en Grèce.

Voyager plus longtemps et à plus bas prix

Le slow travel permet aussi parfois de voyager plus longtemps et pour beaucoup moins cher. En prenant son temps, on est moins dépendant des dépenses coûteuses entraînées par un horaire peu flexible. Un billet de train, aujourd’hui, peut être deux fois plus cher que demain. Ou bien, si on était restés une journée de plus, on aurait pu profiter d’une promotion week-end sur notre hébergement. Ces deux exemples démontrent bien que prendre le temps de considérer l’environnement dans lequel on voyage, nous permet d’économiser grandement.

Le fait de voyager plus lentement, nous ouvre la porte sur différents types de voyages plus alternatifs, tel que l’échange de services, le volontariat et le bénévolat.

Également, le fait de voyager plus lentement, nous ouvre la porte sur différents types de voyages plus alternatifs, tel que l’échange de services, le volontariat et le bénévolat. Grâce à internet, ces moyens sont aujourd’hui mis à notre disposition pour nous aider à voyager différemment, plus proche des gens locaux et par le fait même, plus lentement. L’essentiel pour profiter pleinement de ces modes de voyage, c’est d’être flexible au niveau de votre planning initial et surtout de l’endroit que vous souhaitez visiter.

Notre année en Amérique Centrale en slow travel

Cette dernière année passée en Amérique Centrale, nous a permis de tester beaucoup de ces systèmes alternatifs qui permettent de voyager autrement.

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Au début de notre séjour, souhaitant apprendre l’espagnol, nous avons suivi des cours privés dans une région magnifique du Guatemala, le Lago Atitlán. Nous y avons séjourné durant un mois dans une famille guatémaltèque au centre du village avec une vue prenante sur la région. Nous avons énormément progressé en peu de temps, grâce aux différentes conversations que nous avions tous les soirs autour du bon souper typique préparé par notre maman d’accueil. Nos professeurs étaient aussi des locaux avec qui nous avons pu entretenir de grandes discussions sur leurs cultures et leurs habitudes. Pour un prix plus abordable et sur un plus long laps de temps que la moyenne des touristes qui sont de passage dans la région, nous avons eu la chance de nous imprégner au quotidien d’une culture et d’un peuple magnifique.

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Par la suite, grâce à de nombreux échanges de services du type logé et nourrit en échange de quelques heures de travail par jour, nous n’avons presque jamais payé pour notre logement, sur les six mois que nous avons passés au Nicaragua. Que ce soit pendant notre séjour sur une ferme traditionnelle, dans un hôtel au bord de la plage ou dans une association en plein centre-ville d’une ville étudiante dynamique, ces types de bénévolat nous ont permis de prendre le pouls local et de nous fondre dans la vie des habitants, sans pour autant affecter notre budget.

Nous avons également fait un mois de HouseSitting (gardiennage de maison) dans une maison d’expatriés sur l’île d’Ometepe dans un petit village au bord du lac Nicaragua.

Nous avons également fait un mois de HouseSitting (gardiennage de maison) dans une maison d’expatriés sur l’île d’Ometepe dans un petit village au bord du lac Nicaragua. Il n’y a pas meilleur moyen pour connaître la vie locale, que de vivre avec celle-ci pendant un certain temps. Toutes les semaines, nous avons appris à connaître un pêcheur du coin qui venait nous vendre sa récolte du jour et deux fois par semaine, un fermier des environs et son fils passaient avec leur camion de fruits et légumes pour nous vendre leurs produits. Nous avons vraiment pu vivre et mieux comprendre la réalité d’une vie d’expatriés dans une communauté locale, en dehors de tous les chemins touristiques qui sont offerts sur l’île. Moins expéditif qu’un séjour en auberge de jeunesse, nous avons pu savourer la vie qui passe.

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Finalement, lorsque nous étions au Costa Rica, nous avons expérimenté le volontariat dans une ferme venant au secours de singes blessé. Durant ces deux semaines de bénévolat, nous devions nourrir et jouer avec ces petites boules de poils, ainsi que nous occuper des autres animaux de la ferme. Qui aurait cru qu’on s’attacherait si rapidement à ces animaux et à ce mode de vie champêtre. Encore une fois moins rapide qu’un circuit touristique à travers le pays, nous avons pu poser les sacs et prendre le rythme de la Pura Vida, une journée à la fois.

Tous ces exemples illustrent bien la diversité des possibilités envisageables pour découvrir un pays ou un lieu en particulier en dehors des infrastructures touristiques plus classiques, qui sont généralement axés sur le tout voir et tout faire, en moins de temps possible à un prix, assez exigeant parfois.

Voyager différemment, c’est possible

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Beaucoup d’autres moyens existent pour vous permettre de voyager plus lentement et plus proche des gens.

Au niveau du logement, à court terme, il y a le CouchSurfing qui vous permet de dormir sur le canapé d’un inconnu. Également, il existe la location de particulier à particulier via des sites tel que Airbnb, qui permet de louer une chambre à une personne en ayant une de libre dans son habitation. À moyen et long terme, vous pouvez faire du HouseSitting qui vous permet de garder la maison de quelqu’un parti en vacances. Ou bien, il y a l’échange de maison qui vous permet, littéralement, d’échanger votre maison durant un temps déterminé avec une autre famille, ailleurs dans le monde.

Au niveau des déplacements, vous pouvez mettre la priorité sur des moyens de transport plus près de la réalité locale. Il y a évidemment la marche, le vélo, le bus, le covoiturage, l’auto-stop et nous avons également entendu parler du bateau-stop et de l’avion-stop. Le meilleur moyen de profiter de ces méthodes alternatives sont de rester flexibles sur vos horaires et destinations. Laisser l’aventure se dessiner d’elle-même !

Au niveau des activités ou des échanges à faire sur place, de nombreux sites web peuvent vous mettre en relations avec des gens cherchant des bénévoles, tels que le WWOOFing qui offre des séjours dans des fermes biologiques ou bien Workaway.info qui offre des échanges de services dans pleins de domaines divers. Vous pouvez aussi faire des propositions spontanées en écrivant directement à l’organisation concernée et en leur expliquant votre démarche en échange du logement, de la bouffe et/ou d’une activité.

Bref, des milliers de solutions s’offrent à vous, il faut simplement oser et surtout prendre conscience de votre impact en tant que touriste. Puis, bien sûr, il faut se lancer et avoir un peu d’imagination. Après tout, ce n’est pas tant l’endroit en tant que tel qui compte, mais plutôt l’expérience que vous allez y vivre, une journée, une rencontre, un sourire à la fois.

Qu’attendez-vous? Que pensez-vous de ce mode de voyage?

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