Léa est allée voyager en Thaïlande pendant 2 ans tout en suivant ses études de BTS tourisme avec le CNED. Dans cet article, elle donne toutes les infos sur ce mode d’enseignement un peu particulier, ainsi que ses conseils pour réussir. Donc si vous aussi, vous avez envie de partir découvrir un nouveau pays tout en préparant un diplôme français, lisez la suite avec attention 🙂

Voyager et étudier avec le CNED

Hello, moi c’est Léa. C’est à 8 ans que mes parents m’ont fait découvrir leur passion du voyage en nous emmenant ma sœur et moi découvrir Bali en moto pendant 5 semaines. Dès lors, j’ai attrapé le virus et je n’ai eu de cesse de vouloir repartir pour de nouvelles aventures.

Au lycée, je me suis débrouillée pour réaliser une mission humanitaire au Burkina Faso puis partir à Madagascar avec la section plongée Sous-Marine de mon école. En parallèle, j’ai été bénévole pour l’association du CISV de Lyon, ce qui m’a permis d’encadrer des activités avec des enfants au Portugal. Je suis aussi partie avec mon père en Inde et à Rodrigues Island, où je me suis portée volontaire dans l’association « Shoals Rodrigues » qui préserve le lagon. Toujours attirée par de nouveaux horizons, je cherchais donc un moyen de voyager tout en étudiant.

Pendant un repérage photo pour l'agence dans laquelle j'ai trouvé mon stage obligatoire

Comment faire pour étudier en voyageant ?

A 19 ans, le Bac en poche, je suis partie vivre un an en Australie avec le WHV.

J’avais envie de pouvoir communiquer en anglais avec des gens du monde entier, c’était un besoin vital pour moi. J’ai donc parcouru l’Australie en commençant par faire du bénévolat avec le HelpX. En contrepartie de 3-4h de travail quotidien, j’étais nourrie-logée et je parlais tous les jours avec ma famille d’accueil, sans débourser un centime (le prix des écoles de langues en Australie étant très très élevé).

Après 3 mois, j’ai pris la route pour le désert australien : 5000 km en 13 jours avec une petite voiture de location. J’ai gagné Sydney pour y trouver du travail et j’ai finalement été sélectionnée pour un poste de réceptionniste dans un hôtel dès le premier jour de mon arrivée. En quelques mois, j’ai ainsi pu économiser assez d’argent pour voyager ensuite et visiter la côte Est de l’Australie, jusqu’à mon retour en France.

Mais déjà avant de quitter la France, j’avais en tête que le retour serait difficile et que reprendre mes études, obtenir un diplôme, se sentir de nouveau enfermée dans une routine « à la française », ça ne me plairait pas. Mes parents me poussaient à partir, faire mon expérience, ils m’encourageaient à fond dans mon projet pour l’Australie. Mais ils voulaient aussi que je décroche un diplôme et que je revienne en France terminer mes études…

J’ai donc eu l’idée de préparer mon BTS Tourisme par correspondance avec le CNED.

Le CNED, c’est quoi ?

Le CNED est le Centre National d’enseignement à Distance. Cet organisme permet de suivre des formations toute l’année à distance et la majorité des diplômes qu’il prépare sont agréés par l’Etat. Il faut savoir que le CNED existe depuis 1939. J’avais entendu parler de cet organisme par ma mère, qui avait passé son BAC, déjà à l’époque par correspondance, quand elle vivait en Afrique du Sud.

C’est donc avec enthousiasme que j’ai trouvé dans le CNED une solution à mes motivations : reprendre mes études après un an passé en Australie, préparer un diplôme français reconnu par l’Etat mais surtout: pouvoir vivre n’importe où, et continuer à voyager.

Vous pouvez trouver tous les concours, diplômes, cursus etc.. que le CNED propose en formation à distance aux étudiants, à cette adresse: www.cned.fr/etudiant 

La visite de angkor vat au Cambodge pendant l'un de mes voyages

Pourquoi des études par correspondance quand on peut rester confortablement en France ?

Ma raison était toute simple, je rêvais de vivre en Asie. Je suis une passionnée de la culture coréenne depuis 7 ans, j’ai voyagé en Indonésie et en Inde. Je voulais vraiment vivre sur place, quelque part en Asie. Après réflexion, la Chine ne m’intéressait pas plus que ça, mais le Japon et la Corée restaient des destinations trop chères en raison du coût local de la vie. J’ai donc décidé, pour un prix plus abordable, d’aller vivre en Thaïlande, car je rêvais aussi de découvrir cette région. Le Nord avec les tribus thaïlandaises m’attirait particulièrement.

Pourquoi rester en France pour préparer le même diplôme, quand on peut partir vivre en Thaïlande, apprendre une nouvelle langue, vivre de nouvelles expériences et le tout pour moins cher ?

Je me suis établie à Chiang Mai, la capitale du Nord. Bien que tentée par les plages du Sud ou Bangkok avec sa vie cosmopolite, c’est la Thaïlande authentique et rurale qui m’attirait le plus. Ayant grandi à la campagne, je souhaitais créer des liens avec la population. Le climat du nord, avec ses montagnes entourant la ville, était fait pour moi.

J’avais aussi pu noter que le directeur de l’Université de Chiang Mai était professeur de Français : je me disais donc que je pourrais trouver auprès de lui une aide précieuse en cas de problème sur place.

Avantage décisif : le coût de la vie, deux fois moindre que dans le sud (eh oui, ça joue beaucoup quand on est étudiant). Pourquoi rester en France pour préparer le même diplôme, quand on peut partir vivre en Thaïlande, apprendre une nouvelle langue, vivre de nouvelles expériences et le tout pour moins cher ?

Voyage à Bali

Comment ça marche ?

De retour d’Australie, j’ai contacté le CNED pour qu’il m’envoie son catalogue de formations. J’ai décidé de m’inscrire en BTS Tourisme, un cursus en 2 ans. J’ai finalisé les inscriptions en Juin et reçu mes livres et manuels de cours en septembre, juste avant mon départ pour la Thaïlande. Après réception de mes documents, j’ai reçu un code d’accès à la plateforme en ligne du CNED, me permettant de disposer de mon propre espace personnel avec lequel je pouvais rendre mes devoirs, poster des messages à mes profs ou sur le forum des élèves, télécharger les fichiers audios de langues (anglais et espagnol pour moi).

La première année j’ai dû rendre 30 devoirs. Je pouvais rendre les devoirs quand je le souhaitais – certains élèves envoyaient 2 devoirs par mois – pour ma part j’étudiais la moitié des livres d’une traite puis envoyais 15 devoirs d’un coup, à chacun sa technique.

Chiang Mai est une ville atypique à découvrir absolument si vous allez en Thaïlande, voici un article qui vous donnera quelques bonnes adresses là bas: Que visiter à Chiang Mai ? 

J’ai réalisé le stage de 12 semaines imposé par mon cursus auprès d’une agence de voyage Franco-Thaï à Chiang Mai : Cool Asia Travel. C’était une super expérience pour mettre en pratique mes cours, et puis pour l’ambiance avec les employés. J’ai pu effectuer des repérages et reportages photo pour l’agence, être envoyée en accompagnement de trekkings dans la montagne, comprendre comment gérer un site internet ou réaliser des montages vidéos pour assurer la promotion de nos activités en agence. C’était génial !

Par contre, la deuxième année a été très dure. On doit envoyer le même nombre de devoirs, mais de plus il faut s’inscrire soi-même auprès de l’Académie de son département pour l’examen (Lyon pour moi). On doit aussi produire une étude personnelle «encadrée» sans aucune aide concrète de professeur (distance oblige). Je conseille vivement de réaliser les 12 semaines de stage dès la première année, car sinon le temps manque cruellement pour rendre les devoirs, faire son « EPE », apprendre ses cours et réviser en vue de l’examen final.

Il faut s’astreindre à de la régularité, s’organiser, mais aussi savoir s’accorder des moments de pause.

En réalisant ses études par le CNED, on perd environ 2 mois sur le calendrier annuel déjà court, comparativement aux élèves du cursus « normal » ; car on reçoit les cours par colis postal (si on habite loin, l’acheminement peut prendre un mois) puis on doit ré-expédier ses dossiers finaux pour le jury d’examen 3 semaines avant les autres, pour vérification et validation des documents. C’est très stressant et beaucoup d’élèves se retrouvent dans l’impossibilité de passer l’examen faute de temps. Ça fait peur mais tout est question de motivation et d’organisation.Certains échouent, mais le jeu en vaut la chandelle.

L'obtention de mon diplôme de Thaïlandais à l'université de Chiang Mai

J’ai obtenu mon BTS Tourisme avec 15,03 de moyenne… donc tout est possible 🙂

Les études par correspondance permettent une souplesse d’emploi du temps, de voyager ou vivre à l’étranger, de faire des stages et d’acquérir des compétences et des expériences professionnelles indéniables. C’est un atout face à un employeur aussi. Faire la preuve qu’on a été capable d’accomplir ses études seul, avec sa propre détermination, son courage, sa motivation, son organisation. Il faut s’astreindre à de la régularité, s’organiser, mais aussi savoir s’accorder des moments de pause.

Grace au CNED, j’ai pu vivre 2 ans en Thaïlande, j’ai pu rencontrer des personnes extraordinaires, m’inscrire à l’Université de Chiang Mai et apprendre les bases du Thaï. J’ai pu accomplir pendant mes études un voyage de 4 mois à vélo et en auto-stop à travers la Malaisie, Bali, Lombok, Gili, le Laos, le Vietnam et le Cambodge. Tout cela entre août et novembre 2014 car dans les limites du calendrier général je pouvais rendre mes devoirs quand je le décidais.

Etudier en voyageant, c’est possible !

Combien ça coûte ?

  • CNED – 500€
    Une année au CNED coûte environ 500 euros pour les cours.
  • Mutuelle Etudiante – 200€
  • Assurance Internationale – 500€
  • Cours de Thaïlandais – 800€
    Je voulais apprendre le Thaïlandais à l’université de Chiang Mai : cela m’a coûté 800 euros l’année.
  • Coût de la vie – 350€/mois
    Sur place, je dépensais 350 euros par mois. Tout compris. Cela comprenait : mon appart à 100 euros, l’électricité + l’eau : 5 euros, les repas à l’extérieur (pas de cuisine dans la plupart des appartements en Thaïlande) : 150-200 euros.
  • Visas – 50€/3mois
    Le reste de mes dépenses étaient dues aux visas et extensions de visas : 50 euros tous les 3 mois. Visa pour sortir de Thaïlande : 25 euros.

Techniquement, par an, je dépensais 6200-6300 euros tout compris.Sachez aussi qu’en étant étudiant, vous pouvez bénéficier de la Bourse du Crous ; en outre si vous êtes boursier, la mutuelle étudiante est prise en compte. Pour les gens de catégorie 5 comme moi, cela représente une bourse de 4000 euros par an, donc cela aide grandement à payer vos études et le coût de la vie sur place.

Une vie sur place enrichissante

Ma vie en Thaïlande était extraordinaire, je ne regrette en rien ma décision et j’ai pu me créer des liens durables avec des amis de qualité. Des personnes exceptionnelles.

J’étais partie avec mon billet d’avion et mon visa en poche, mon inscription au CNED et à l’Université de Chiang Mai acquises, mais je ne savais pas du tout où j’allais vivre. Le 2ème jour, j’avais déjà trouvé mon appartement, situé à 5 minutes à pied de mon université. Le propriétaire ne parlait pas un mot d’anglais, donc j’ai dû apprendre à lire les chiffres thaï et les bases de la langue très très vite. Les Thaïlandais sont généreux et très souriants. Je me suis très vite sentie bien et respectée dans ce pays. En sécurité aussi. Combien de fois je suis allée manger dans la rue à minuit ou une heure du matin et je revenais seule à pied, dans ma rue sombre et peu éclairée. Chiang Mai est une ville qui a le pouvoir de vous mettre à l’aise : la vie est facile, les gens agréables et serviables. D’ailleurs, plusieurs fois des gens se sont arrêtés pour me prendre en stop alors que je marchais seule sur le trottoir. Les plats de l’université coûtaient 50 cts et ceux dans ma rue moins d’1 euro. Je pouvais faire le marché aux fruits tous les jours. Un vrai régal pour les yeux et le palais.

Bien sûr, vous pouvez réaliser vos études dans le pays de votre choix. C’est aussi ça le bonheur et l’avantage du CNED. Partir en Espagne, en Bolivie ou bien au Népal, c’est le monde de tous les possibles.

Rencontre avec les tribus en Thaïlande

Et la suite ?

Certaines licences peuvent être réalisées avec le CNED ou d’autres organismes de formation en ligne. J’ai pour ma part décidé de revenir en France pour un an afin de valider un Bachelor de Management du Tourisme auprès de l’école Sup de Co de La Rochelle. Cela me permettra de valider un diplôme reconnu à l’international pour pouvoir travailler à l’étranger au long terme.

Rien ne vous empêche aussi de continuer vos études dans une université à l’étranger. Il existe notamment des partenariats entre la France et l’Australie/Singapour/le Vietnam et la Malaisie, qui permettent la reconnaissance de certains BTS dans des universités partenaires. Cela permet de postuler en 3eme et dernière année de Bachelor (licence) à l’étranger. Génial non ?

Je veux vraiment partager mon expérience afin de motiver les jeunes dans la même situation que moi. On trouve très peu d’information en France par rapport aux études par correspondance et certaines personnes peuvent vous décourager de l’envie de faire ces études « différemment » mais allez au bout de vos rêves. L’expérience est belle.

 

Encore merci à Léa pour ce témoignage. Comme vous vous en doutez, elle ne s’est pas arrêtée de voyager après ses études et vous pouvez aller la retrouver sur sa page Facebook Leadventure pour suivre la suite 🙂

Voyager et étudier avec le CNED
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