Orléans, c’est le genre de ville que je traversais sans jamais m’y arrêter. Je m’attendais à une étape sympa entre Paris et les châteaux de la Loire. J’ai surtout trouvé une destination complète, qui mérite VRAIMENT qu’on lui consacre plusieurs jours : un centre ancien piéton plein de charme, la Loire comme terrain de jeu, des nuits insolites et même un lever de soleil en montgolfière. Si vous vous demandez que faire à Orléans et dans le Val de Loire, voici les 10 expériences que je vous recommande vraiment.

Comment aller à Orléans (spoiler : laissez la voiture au garage)
Commençons par l’info cool pour les Parisien(ne)s qui me suivent : la liaison Paris-Orléans ne prend qu’une heure depuis la gare d’Austerlitz, avec des départs très fréquents toute la journée.
Et sur place, bonne nouvelle, on peut tout faire sans voiture. La région Centre-Val de Loire propose le Pass Rémi Découverte : à partir de 45 euros, il donne accès en illimité aux trains et cars régionaux pendant 2 ou 3 jours, et un seul pass couvre jusqu’à 5 personnes. Faites le calcul pour une famille ou un groupe d’amis, c’est imbattable. Autre détail qui change tout : les trains Rémi embarquent les vélos gratuitement. On y revient plus bas.
1. Flâner dans le centre ancien piéton d’Orléans
On résume souvent Orléans à Jeanne d’Arc. C’est passer à côté de l’essentiel. La ville a passé les vingt dernières années à se refaire une beauté, et ça se voit : le centre ancien, presque entièrement piéton, aligne plus de 300 maisons à pans de bois restaurées, dont beaucoup ont retrouvé leurs couleurs d’origine. Pouvoir flâner sans stress, sans voiture, au milieu de ces façades … Mine de rien, c’est un bonheur que peu de villes françaises offrent encore.

Perdez-vous entre la rue de la Charpenterie et la place du Châtelet : les façades y déclinent toute une palette de couleurs retrouvées, poutres rouge profond, ocre ou jaune paille, torchis clair entre les colombages, enseignes en fer forgé au-dessus des terrasses. Ouvrez l’œil au passage, Orléans cache aussi une belle collection d’œuvres de street art, une fresque contemporaine surgit parfois au détour d’une façade du XVIe siècle, notamment du côté de la rue de la Tour Neuve. Et impossible de zapper la cathédrale Sainte-Croix, dont la construction s’est étalée sur près de six siècles. Oui oui, SIX siècles.

Fun fact : levez la tête vers les rosaces du transept de la cathédrale. Commandées par Louis XIV, elles arborent un soleil en hommage au Roi Soleil.
Mon conseil : Rentrez en contact avec des Greeters, des Orléanais bénévoles qui font découvrir leur ville le temps d’une balade. J’ai passé 45 minutes avec l’un d’entre eux au pied de la statue de Jeanne d’Arc, et j’ai appris plus d’anecdotes qu’en lisant trois guides.
2. Descendre dans les cryptes d’Orléans
Ma première claque du séjour se trouve sous terre. L’Office de Tourisme d’Orléans organise une visite guidée des cryptes de la ville, deux vestiges médiévaux fermés au public en temps normal. Rod, guide-conférencier passionné, ouvre les portes et raconte mille ans d’histoire enfouie sous les rues du centre. On marche littéralement sur les fondations de l’Orléans antique.

À réserver en avance : ces visites se font uniquement avec un guide et les places partent vite. Réservation en ligne sur le site de l’Office de Tourisme d’Orléans.
3. S’offrir une parenthèse au musée des Beaux-Arts
Je ne m’attendais pas à ça dans une ville de cette taille : le musée des Beaux-Arts d’Orléans possède le deuxième cabinet des pastels de France, juste derrière le Louvre. Vous avez bien lu. Entre un autoportrait de Chardin et des salles entières de peinture française des XVIIe et XVIIIe siècles, j’y ai passé bien plus de temps que prévu.
À deux pas, l’Hôtel Groslot mérite le détour : cet hôtel particulier Renaissance devenu hôtel de ville se visite librement et gratuitement.
4. Prendre l’apéro sur la Loire avec un marinier

Attention, coup de cœur assuré ! Ma plus belle soirée du séjour ne s’est pas déroulée à Orléans, mais à Combleux, un village de mariniers à quelques kilomètres en amont. Éric, marinier des Escapades Ligériennes, embarque les visiteurs sur son bateau traditionnel pour une balade apéro au fil de l’eau. Le soleil qui descend sur l’un des derniers fleuves sauvages d’Europe, un verre à la main, les explications d’un passionné … Difficile de faire mieux pour clore une journée.
Mon conseil : visez le créneau de fin de journée, vers 19h en été. La lumière sur la Loire y est incroyable pour les photos & stories.
5. S’envoler en montgolfière au lever du soleil

Réveil à 4h30. Ça pique, ça pique toujours. Mais une fois sur place, quand l’équipe des Ballons de Loire commence à préparer la montgolfière et que l’enveloppe se redresse tout doucement devant vous, quelque chose bascule. Au moment de monter dans la nacelle, j’avais l’impression d’être redevenu un enfant en train de vivre un rêve.
Puis vient le vol lui-même, environ une heure au-dessus du Val de Loire : un patchwork de bancs de sable, de forêts et de clochers, dans un silence coupé seulement par les coups de brûleur. La veille, un SMS vous donne le lieu exact du rendez-vous, car tout dépend du vent du jour.

À réserver en avance : comptez à partir de 210 euros par personne, avec des billets valables 2 ans. Si le vol est annulé pour cause de météo, on le reporte, donc zéro pression. Gardez simplement la matinée libre, la montgolfière décide, pas vous.
6. Pédaler le long de la Loire jusqu’à Beaugency

Je vais être transparent : je n’ai pédalé que quelques kilomètres le long des bords de Loire, la faute à un programme bien rempli. Mais ce que j’ai vu m’a convaincu que l’itinéraire est remarquablement bien pensé. Parcours plat et ombragé, signalétique claire, et surtout cette possibilité de monter avec son vélo dans le train régional, gratuitement et sans réservation. J’ai récupéré un vélo chez Détours de Loire à Orléans, 17 minutes de train plus tard j’étais à Beaugency, au pied du pont médiéval et de ses 23 arches. Un confort que j’aimerais voir partout en France.
Il existe même le Pass Loire à Vélo, qui combine la location et des avantages chez les partenaires du parcours. La façon la plus simple de goûter à la Loire à Vélo sans s’engager sur plusieurs jours d’itinérance.
Fun fact : la légende raconte que le pont de Beaugency aurait été construit par le Diable en échange d’une âme. Les habitants, malins, lui auraient donné … celle d’un chat.
7. Découvrir le château de Beaugency version art numérique

Je m’attendais à un château médiéval classique. J’ai trouvé un centre d’art numérique installé dans une forteresse du XVe siècle, où des jeux de lumière habillent les salles et les murs anciens. Voir des projections numériques dialoguer avec des pierres vieilles de six siècles, c’est rarissime dans un château, et le contraste est assez fou. Franchement, ils ont bien fait d’oser.
Bon à savoir : entrée à 14,50 euros, et bonus pratique pour les cyclistes, on peut garer son vélo juste en face du château.
8. Suivre la promenade des moulins à Olivet

À dix minutes d’Orléans, Olivet borde le Loiret, une rivière qui n’est en réalité qu’une résurgence de la Loire. La promenade des moulins suit ses rives sur 5 kilomètres, entre anciens moulins, demeures bourgeoises et gares à bateaux. On croise des cygnes, des hérons, des pêcheurs, et très peu de touristes.
J’ai dormi juste à côté, au Chalet Olivet, une maison de bord de rivière avec sa propre barque. Ramer sur le Loiret au coucher du soleil, sans un bruit de moteur … Je ne me souvenais plus qu’un tel calme existait à une heure de Paris.
Fun fact : la plus élégante des gares à bateaux du parcours, celle de la Quétonnière, a été dessinée par Charles Garnier. Oui, celui de l’Opéra de Paris.
9. Se perdre dans le Festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire

Chaque année depuis 1992, le Domaine de Chaumont-sur-Loire invite des paysagistes du monde entier à créer une vingtaine de jardins éphémères autour d’un thème imposé. Cette année, le thème « Le jardin fait son cinéma » m’a particulièrement parlé : imaginez un jardin inspiré de The Truman Show, l’un de mes films préférés avec Jim Carrey. Rien que pour celui-là, le détour vaut le coup. Le reste oscille entre poésie pure et installations complètement barrées, et c’est exactement ce qui me plaît.
Mon conseil : prévoyez au minimum trois heures et réservez en ligne. Entre les jardins, le château et le parc qui domine la Loire, on ne voit VRAIMENT pas le temps passer.
10. Dormir sur une toue face à Chambord
On termine par l’expérience la plus insolite du séjour, celle qu’on raconte à ses proches en rentrant. Le Relais de Chambord, l’hôtel installé face au château, possède une toue cabanée, ce bateau traditionnel de Loire à fond plat, amarrée sur le Cosson. On s’endort sur l’eau avec Chambord en fond d’écran, et on ouvre les rideaux au matin face à ses cheminées.
Des cheminées, parlons-en. La légende voudrait que Chambord en compte 365, une pour chaque jour de l’année. La réalité est à peine moins folle : 282 cheminées pour 426 pièces, dans un château où François Ier, son commanditaire, n’a séjourné qu’une cinquantaine de jours. Autre chiffre vertigineux : le parc clos de murs qui l’entoure est aussi vaste que Paris intra-muros.
Mon conseil : avant de rejoindre votre cabine flottante, dînez au restaurant de l’hôtel, le Grand Saint-Michel. Une cuisine qui travaille les produits de Sologne avec beaucoup de finesse, à la hauteur du panorama.
Bonus : visiter le château de Blois avant tout le monde

Si vous avez une journée de plus, filez à Blois. Visiter le château royal à l’ouverture, quand la cour est encore vide et que la pierre blonde prend la lumière rasante du matin, m’a rappelé pourquoi j’aime me lever tôt en voyage. Le fameux escalier François Ier, cette tour octogonale ciselée comme une dentelle, résume à lui seul l’audace de la Renaissance française. Et la cour est unique parmi les châteaux de la Loire : quatre ailes, quatre siècles, quatre styles d’architecture qui se font face. Sept rois et dix reines de France y ont vécu.
À quelques rues de là, changement radical d’ambiance avec la Fondation du Doute, créée par l’artiste Ben, celui des écritures blanches sur fond noir. Des centaines de plaques émaillées du type « l’art est inutile » couvrent la façade, et l’intérieur rassemble les œuvres du mouvement Fluxus. C’est absurde, drôle, provocateur, et ça fait un bien fou après trois jours de patrimoine royal. J’en suis ressorti avec le sourire et deux ou trois certitudes en moins.
Où dormir ? J’ai testé quatre hébergements très différents pendant ce séjour, et je les recommande tous les quatre :
- La Salamandre à Orléans, une chambre d’hôtes pleine de charme en plein centre, parfaite pour tout faire à pied
- L’Empreinte Hôtel à Orléans, un boutique-hôtel avec spa sur les quais, dont certaines chambres regardent directement la Loire
- Le Chalet Olivet, la maison au bord du Loiret avec sa barque dont je vous parlais dans l’expérience 8
- La Toue du Relais de Chambord, la fameuse nuit sur l’eau de l’expérience 10
À réserver en avance : le vol en montgolfière, la balade apéro sur la Loire, les visites guidées de l’Office de Tourisme d’Orléans et la toue, très demandée en été.
Le bon plan transport : le Pass Rémi Découverte (à partir de 45 euros pour 2 ou 3 jours, valable jusqu’à 5 personnes) et les vélos gratuits dans les trains régionaux.
Trouvez des bons plans logements à Orléans selon vos dates sur cette carte interactive :
Vos questions sur Orléans et le Val de Loire
Combien de jours pour visiter Orléans et ses alentours ? Deux jours pour la ville, 4 à 5 pour y ajouter Beaugency, Olivet, Chaumont-sur-Loire, Chambord et Blois, comme dans cet article.
Peut-on visiter le Val de Loire sans voiture ? Oui. Le combo train régional + vélo fonctionne très bien : les trains Rémi relient Orléans, Beaugency et Blois, transportent les vélos gratuitement, et le Pass Rémi Découverte rend l’ensemble très économique. Seul Chaumont-sur-Loire demande un peu d’organisation (gare d’Onzain à 2 km à pied du domaine).
Combien coûte un vol en montgolfière dans le Val de Loire ? À partir de 210 euros par personne avec les Ballons de Loire, pour environ une heure de vol. Les billets restent valables 2 ans en cas de report météo.
Quelle est la meilleure période pour ce voyage ? D’avril à octobre, la saison du Festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire comme celle des vols en montgolfière.
Mon avis sur ce voyage dans le Val de Loire
Ce que j’ai aimé dans ce coin de Val de Loire, ce n’est pas seulement la carte postale des châteaux. C’est la variété de tout ce qu’on y vit en cinq jours : une ville piétonne où on flâne sans stress, un fleuve sauvage qu’on descend en bateau et qu’on longe à vélo, des nuits qui ne ressemblent à rien de connu. Il me reste de bonnes raisons de revenir : la Loire à Vélo en itinérance, la Sologne toute proche, le son et lumière projeté l’été sur la cathédrale Sainte-Croix que j’ai raté d’un rien. Et peut-être un retour en septembre, quand le brame du cerf résonne dans la forêt de Chambord. Ce territoire m’a eu au premier séjour, et quelque chose me dit que ce ne sera pas le dernier.

Reportage réalisé en collaboration commerciale avec Orléans Val de Loire Tourisme et la Région Centre-Val de Loire, merci à eux pour leur confiance.



