Région d’Amérique du Sud et plus grand département français, la Guyane se dresse comme une terre mystérieuse, naturelle, culturelle et aventurière. Aux frontières de l’immense forêt amazonienne, la Guyane est la seule terre française d’Amérique du Sud. Suivez le guide !

Cet article nous est aujourd’hui proposé sur notre blog voyage par une fidèle lectrice, L., qui souhaite répondre de la manière la plus objective qu’il soit à 5 idées que la plupart des personnes se font sur cette région d’Amérique du Sud. Alors, envie de mieux découvrir cet endroit en allant au-delà des idées reçues ?

Vivre en Guyane

 

En Guyane, c’est la cambrousse ! Les gens se déplacent en pirogue

Vrai….

C’est la cambrousse, oui… disons plutôt que c’est la nature qui a encore une place prépondérante dans le mode de vie et dans les cœurs Guyanais. Là-bas, c’est la forêt tropicale, et croyez-moi, c’est une explosion des sens. Quand vous pénétrez dans la forêt, c’est d’abord les couleurs et la beauté qui vous « frappent » en premier. Des nuances de vert aussi diverses que lumineuses, des arbres gigantesques, une végétation luxuriante… Vous vous imprégnez de l’atmosphère paisible bien que mystérieuse et envoûtante de cette nature qui a conservé tous ses droits.

Vous pouvez accéder à des criques dont l’eau est couleur cuivrée à cause de la terre rouge présente en Guyane (la latérite). Posez-vous, pique-niquez, écoutez, regardez, baignez-vous, profitez et posez le hamac pour passer la nuit dans la forêt (que ce soit en carbet ou entre deux arbres ! mais n’oubliez pas votre moustiquaire ;)). La nuit là-bas, c’est des ciels étoilés inimaginables (« Ah bon, y a autant d’étoiles dans le ciel ? »).

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Oui, on se déplace en pirogue pour se balader sur le fleuve ou rencontrer certaines communautés locales qui vivent au plus près de la nature (Bushinengues, Amérindiens, etc.). Les villages plus éloignés peuvent être à plusieurs jours de pirogue. De nombreuses excursions proposent ce genre de visite sur le fleuve, personnellement, je trouve que ça fait un peu « zoo ». Pour le reste, on peut se balader dans la mangrove, observer les animaux et une végétation riche et abondante ! La pirogue c’est aussi pour aller à Albina, au Surinam, en face de Saint-Laurent-du-Maroni : c’est le bon plan pour faire ses courses, beaucoup moins cher.

Mais faux quand même…

En dehors de toutes ces merveilles, nous avons tout de même accès à l’électricité, à internet, aux supermarchés (enfin, un seul à Saint-Laurent…), aux bars, boîtes de nuit (je n’ai pas dit que c’était l’endroit à ne pas rater, entendons-nous bien). Nous roulons en voiture sur des routes en goudron, parfois sur des pistes… En revanche le Code de la route est juste un vague concept pour les Guyanais… Mais la vie est douce et paisible, bien loin de l’agitation métropolitaine.

Pour les plus angoissés, vous trouverez en périphérie de Cayenne la zone commerciale avec plein d’enseignes de grande consommation. La ville de Cayenne en elle-même ne présente pas un intérêt majeur. Là-bas vous pourrez visiter le quartier colonial, quelques musées, faire les magasins pour les besoins accrus de session shopping, faire le marché, aller à la plage et prendre des grosses vagues (et des gros coups de soleil, n’oubliez pas de vous protéger, le soleil est mortel là-bas !)

On peut pas se baigner, la mer est marron…

Vrai et Faux.

C’est sûr que si vous cherchez le paysage de carte postale caribéenne, vous vous êtes plantés (mais il y a les cocotiers cela dit !) L’eau est marron certes mais chaude, on s’y baigne très bien, que ce soit dans le fleuve, ou dans l’océan. Il n’y a pas de grosse bébête qui va venir vous croquer le cuisseau, relax ! Mais quel plaisir d’aller par exemple à Awala-Yalimapo (village Amérindien, site de ponte privilégié des tortues luths et vertes), poser son hamac sous deux cocotiers pour faire la sieste, aller demander l’autorisation au chef de village pour dormir sous son carbet, et entendre le son de la mer vous bercer …

Ceci dit, un spot est à voir en Guyane : les îles du Salut. Là, vous aurez de l’eau bleue ! C’est un ensemble de trois îles qui font partie intégrante de l’histoire puisqu’elles étaient le lieu de détention des bagnards. Deux sur les trois sont accessibles. Vous pourrez y voir notamment les ruines des anciennes cellules et puis vous pourrez bien évidemment vous baigner et profiter de ce cadre idyllique.

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Il y a plein d’insectes et d’animaux chelous !

Bon la… oui, oui et oui ! Mais c’est pas grave…

Les insectes sont nombreux, variés et énormes. Ceux dont il faut se méfier : les mouches à feu (ça fait très mal), les fourmis rouges (elles piquent, ça brûle…), les cafards (juste parce que c’est immonde), les moustiques (si vous allez en forêt profonde, n’oubliez pas le traitement anti-paludisme, en ville vous ne craignez rien), les poux d’agouti (ça gratte…). Vous pourrez également voir des Crapauds buffle (taille d’une chaussure), des sortes d’Iguanes (chassés pour leur viande), des Matoutous (des mygales inoffensives bien qu’urticantes si stressées ; pour les reconnaître : elles ont le bout des pattes oranges), des paresseux, des oiseaux (dont des perroquets), des caïmans (en voie de disparition), des Morphos (papillons bleus superbes), des agoutis, des singes, des serpents (attention !) et pour les plus rares : jaguars, anacondas, ocelots, scorpions… (liste non exhaustive, vous vous en doutez !)

Pleins de bébêtes bizarres donc, mais qui font partie de l’écosystème et de la vie en Guyane qu’il faut respecter et conserver !

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C’est dangereux

Tout est relatif !

C’est sûr qu’il ne faut pas faire n’importe quoi, et prendre conscience qu’il y a des dangers, comme partout ! Il y a des orpailleurs illégaux (venus du Brésil) qui ont la machette « facile », bon, en même temps ils sont loin dans la forêt et pas dans le bar du coin à chercher l’embrouille avec le premier venu. Oui il y a des animaux dangereux : évitez de vous balader seul sans guide en forêt, hors-piste. Oui, il faut éviter de se balader avec une montre en or, son téléphone dernier cri, ses dernières lunettes et les billets de banque à la main (mais le faites-vous en général ?).

Pour Saint-Laurent-du-Maroni, beaucoup vous diront d’éviter le quartier de la Charbonnière, personnellement j’y ai passé des moments magnifiques (couchers de soleil, poulet-frite chez Onys, évènements musicaux) : évitez de vous balader seul dans les rues sombres et reculées, mais si vous restez tranquille dans les coins animés, vous ne risquez rien. Ce quartier, principalement bushinengue, est authentique. Là-bas vous pourrez vous poser boire une parbo (bière locale) dans un boui-boui tenu par un rasta, avec fond de reggae et coucher de soleil sur le fleuve traversé par les pirogues : un moment unique !

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C’est cosmopolite…

… et ça fait partie de l’identité de cet endroit

Les différentes communautés présentes sur le territoire ne se mélangent pas beaucoup. Bien qu’elles ne vivent pas en harmonie, elles se respectent et se tolèrent. Chacune a sa culture, son mode de vie, sa langue et ses croyances dont il en est une commune à la culture créole, bushinengue et amérindienne, c’est celle du « baklou ». Le baklou serait une sorte de petit diable vivant dans la forêt, qui jetterait des mauvais sorts (maladies, faillite, parfois même mort) que l’on doit nourrir de l’âme de quelqu’un en échange de ses services. Il est très craint et beaucoup de rituels tournent autour de ce petit diablotin.

D’ailleurs, les communautés présentes en Guyane sont : Bushinengues (« hommes de la forêt « ), Amérindiens (culture indigène subissant un phénomène d’assimilation culturelle), Créoles, Hmongs, Chinois, Haïtiens… et bien d’autres !

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Les Amérindiens souffrent beaucoup depuis la venue des colons et des esclaves, ils ont perdu leur place au sein même de leur pays et subissent une perte d’identité culturelle dévastatrice notamment à cause de la mondialisation ; leur mode de transmission étant essentiellement oral, beaucoup de rituels sacrés et de coutumes se perdent avec les nouvelles générations.

Divers

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  • Bananes pesées
  • Rôti (galette de pois chiche, poulet et légumes : un délice)
  • « Jamais goûté » (poisson typique du coin),
  • Du couac
  • Les fruits et légumes bizarres du marché (ignam, cœur de dragon, mini bananes, giromon…).

Il y a de nombreux sentiers de randonnée à sillonner, de criques à découvrir… et bien évidemment, des fusées à aller voir décoller (Kourou).

Spots conseillés :

  • vers Saint-Laurent-du-Maroni : Cascades Voltaire, Crique des Cascades, Chilibombo, Carbets de Monsieur Lee (Javouhey, village Hmong), fleuve Maroni, l’Amana.
  • vers Cayenne ou Kourou : Marais de Kaw, Ilet la mère, La Canopée, fleuve de l’Oyapock…

  • Galibi (village Surinamais face à Awala)
  • Marais de Kaw (caïmans)
  • Association Chou Aï (sauve les paresseux de la déforestation, les soigne, et les relâche en forêt)
  • Zoo de Montsinery (vers Cayenne), mais c’est quand même plus magique de croiser les animaux en liberté non ?

La Guyane reste un endroit authentique et sauvage, c’est un havre de paix qui est bien à l’écart de la société occidentale. C’est un retour aux sources, une aventure humaine, une rencontre. D’aucuns diront que « La Guyane, soit on déteste, soit on en tombe amoureux, il y a pas de demi-mesure ». Mais si vous en tombez amoureux, soyez prêts à laisser une partie de votre cœur là-bas… en n’oubliant pas de laisser la seconde partie de votre coeur sur une autre région du monde dont parle blog voyage. Et pourquoi pas un itinéraire au Cambodge ?

Vivre en Guyane : 5 vrais-faux
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