Un peu moins connu que l’Argentine, le Chili est pourtant un pays magnifique que certains décident de découvrir… en y faisant un stage ! Envie d’en savoir plus ? Pour une interview exclusive, c’est ici !

Je profite de ce premier article pour vous présenter notre nouvelle section interview dans laquelle vous retrouverez des témoignages de différentes personnes ayant fait le choix d’habiter dans un pays étranger et ce, pendant des périodes plus ou moins longues. Récits au plus près de la population locale, impressions de longue durée, vous trouverez dans ces interviews de nombreux précieux conseils quant au fait de vivre à l’étranger.

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L’Amérique Latine en fascine plus d’un avec ses paysages époustouflants, sa gastronomie, sa population accueillante … Denis, étudiant en tourisme, a choisi le Chili pour sa première immersion en Amérique du sud : voici son ressenti.

Interview : Stage au Chili

 

1. Quportrait denis logoi es-tu, que fais-tu ?

Je m’appelle Denis Marnay, j’ai 23 ans depuis le 16 juin 2013 et je suis un voyageur rêveur procrastinateur. D’un large point de vue je suis étudiant en école de commerce spécialisé dans le tourisme et si on se focalise un peu plus sur l’instant présent, je suis en stage au Chili pour ma dernière année de Bachelor.

2. Décris-nous en quelques phrases le pays où tu te trouves.

Le Chili est la colonne vertébrale de l’Amérique Latine. C’est un pays singulier car il fait 5000 kilomètres de long (5000 kilomètres de côtes et de montagne), il détient 10% des volcans de la planète, possède une faune et une flore incroyable (due aux grandes variations de climat et de reliefs), présente un ciel incroyable avec notamment le plus grand centre astronomique situé dans le désert d’Atacama. Enfin, la plus grande richesse du pays est le cuivre. Les Chiliens sont plutôt petits, très gentils et prévenants mais malheureusement très peu organisés dans le travail.

3. Pourquoi as-tu choisi ce pays ? Quelles étaient tes motivations ?

En tant que voyageur, j’avais envie de finir mes études par une grande expérience sportive. Amoureux de la montagne depuis mes 3 ans et pratiquant le snowboard et le ski depuis cet âge, je dois vous avouer que ce fut d’abord en pensant à mon temps libre que j’ai cherché mon stage. Ainsi, pour retrouver l’hiver alors que mon stage est d’avril à septembre, je devais changer d’hémisphère. La seconde source de motivation vient de ma tante et de ma sœur. La première est chilienne d’origine et la seconde y a fait un voyage il y a 6 ans. Leurs récits conjugués ont suffi à me propulser vers cette destination !

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4. Es-tu parti seul ou avec des amis ?

Après avoir fait tous mes autres voyages avec des amis (en Inde, Népal, Chine et Cambodge), je suis cette fois-ci parti tout seul. D’abord car chacun est parti de son côté pour réaliser le stage qui lui correspondait le mieux et ensuite car j’étais aussi plus motivé à l’idée de plonger seul dans un univers inconnu.

5. As-tu vécu un choc de culture important ?

On dit qu’on ne peut s’habituer aux chocs culturels car ceux-ci viennent malgré nous donc je ne peux pas dire que mes voyages précédant m’avaient préparé mais néanmoins je n’ai à aucun moment éprouvé de malaise, je me suis instantanément senti chez moi, entouré par les bonnes personnes dans un environnement idéal.

6. Justemment, as-tu facilement réussi à t’intégrer parmi les locaux ?

Comme je l’ai dit plus haut, les Chiliens sont très gentils. Ainsi, il n’a vraiment pas été compliqué de s’intégrer. Pour un peu que vous alliez vers eux et que vous partagiez, tout se fait naturellement. De plus, mon environnement de travail est semblable à un programme de téléréalité et il n’est pas possible de ne pas passer de bons moments avec l’une ou l’autre des nationalités présente : nous sommes 14 jeunes employés d’un Lodge, vivant dans des grands « dômes » à 30 minutes de marche minimum de la civilisation et nous sommes donc continuellement les uns sur les autres. Il y à 6 nationalités : Argentins, Brésiliens, Français, Chiliens, Colombiens et Mexicains et tous, en tant que bons représentant de nos pays, ont des cultures et caractères bien trempés, le mélange est explosif mais très agréable néanmoins !

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7. Qu’en est-il au niveau de la langue du pays ? Apprentissage difficile ?

Quand je suis arrivé au Chili, cela faisait 3 ans que je n’avais pas pratiqué l’espagnol et mon niveau était au plus bas. Je pensais quand même pouvoir m’en sortir dans la mesure où j’ai toujours aimé les langues. Sauf qu’en arrivant au Chili j’ai vite déchanté : les Chiliens parlent très vite, mâchent leurs phrases et ne prononcent pas les dernières lettres des mots (allez savoir pourquoi ?). Ainsi, quand vous n’êtes pas habitués, l’espagnol se transforme vite en une langue inconnue. Au bout de deux semaines de vœux de silence imposés par mon incompréhension de la langue, j’ai peu à peu parlé et surtout mieux compris et aujourd’hui, même si je suis loin d’être bilingue, je peux parler aussi vite qu’un Chilien, répondre au téléphone et demander ce que je veux. Une fois apprivoisé (on n’apprend pas le Chilien, on l’apprivoise), c’est une belle mélodie qu’on prend plaisir à siffloter 🙂

8. As-tu fait quelque chose dans ce pays que tu n’avais jamais fait auparavant ?

J’ai effectué plusieurs choses que je n’avais jamais fait avant : changer d’hémisphère, voyager seul, me retrouver sur ma planche de snowboard à rider la neige le jour de mon anniversaire,  vivre dans un pays latino, faire du stop et vivre avec 13 colocataires.

9. Quel est ton meilleur souvenir ?

Comme je l’ai dit plus haut, mon grand amour est la montagne, mon plaisir la neige et mon péché mignon le snowboard. Ainsi, mon meilleur souvenir jusqu’à maintenant est cette journée de snowboard, sur le flanc d’un volcan, au milieu des pierres volcaniques, un 16 juin, jour de mon anniversaire.

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10. De la même manière, le pire ?

Sans vouloir me faire passer pour le type qui ne vit que des choses formidables et n’a jamais de galères, je n’ai pas, à proprement parler, de souvenir négatif. Tout d’abord parce que je me nourris de tout ce que je vis et prends tout positivement mais aussi parce qu’ici, je n’ai pas eu de mauvais moment. Si je devais quand même en citer un, je dirais mes 4 jours de fièvre et de toux 3 jours avant ma semaine de vacances (encore que cela m’a permis de penser à mon voyage à venir…).

11. As-tu expérimenté des plats improbables ?

Si par improbables vous entendez choquants ou dérangeants, alors non. D’abord car le Chili a une très bonne gastronomie et ensuite car, isolé de tout, je me fais ma propre cuisine ou je mange avec le personnel du Lodge des repas relativement internationaux.

Néanmoins, j’ai mangé des plats improbables dans le bon sens du terme : au Chili, l’avocat est roi. Oubliez la chose verte que vous trouvez en France, ici cela à la texture du beurre, un gout exquis et ça se cuisine avec tout. En accompagnement sur du riz, des pâtes, dans un sandwich, en guacamole, au petit déjeuner sur du pain ou tout seul avec un peu de sel. En cela, c’était improbable.

12. Quel moment t’a le plus marqué pendant ton séjour ?

Comme le cerveau humain retient bien souvent avec plus de force les moments joyeux, je serais tenté de répondre ma journée d’anniversaire mais je vais détourner ma réponse en me basant sur le choc ressenti sur le moment.

Le premier jour où je suis arrivé à mon logement, voisin du Lodge, je suis arrivé de nuit. J’ai marché 30 minutes en trainant la valise de ma board, dans le noir, sur une piste de terre et de sable, en ne connaissant que vaguement ma destination grâce à l’explication d’une chilienne descendue au même arrêt de bus que moi (et rappelez-vous, je ne comprenais rien), et je ne connaissais donc rien du lieu où je me trouvais. Le lendemain je devais me rendre au travail à 10h00 et en me levant et en regardant par la fenêtre, la première chose que je vis fut un glacier gigantesque, avec trois pics et de nombreux versants, et 2 volcans presque aussi hauts que le glacier, trônant sur un fleuve de pierres volcaniques. Je n’en croyais pas mes yeux et aujourd’hui, après trois mois passés ici, je ne suis toujours pas habitué et je continue, comme mes collègues, à laisser échapper un cri dès que je regarde le fond de la vallée.

montagne enneigée et denis logo

13. Quels sites et villes marquantes as-tu eu l’occasion de visiter pendant ton séjour ?

Pendant mes vacances je me suis rendu à Pucon, ville reconnue pour ses nombreuses offres en matière de tourisme d’aventure. Cette ville est au pied du volcan Villarica dans une vallée entourée de 4 volcans. L’ambiance y est superbe, l’environnement est évidemment saisissant, les gens sont adorables, vous pouvez facilement passer des heures à parler avec les commerçants et les opportunités en matière de sport sont illimitées.

14. Ce que tu as rapporté de ce pays ?

Ma plus grande consécration est, pour moi, cette nouvelle langue que je peux, sans peur, dire maitriser. J’ai maintenant 3 langues qui me viennent naturellement (Français, Anglais et Espagnol) et je n’ai plus qu’à me concentrer sur mon Chinois. Je pense aussi rentrer avec des qualités professionnelles renforcées car mon stage dans ce Lodge de petite capacité fut très formateur, avec beaucoup de travail dans tous les domaines (construction, service, cuisine, réception, marketing, communication, gestion, relation client, …). Enfin, je vais rentrer avec des souvenirs à jamais gravés dans ma mémoire, un nouveau tampon sur mon passeport, des nouveaux contacts dans mon carnet d’adresses et plein de perspectives de nouveaux voyages.

15. Souhaites-tu retourner dans ce pays ou même y vivre ?

Pour  ce qui est d’y vivre, en tant que fidèle procrastinateur, je ne saurai dire, repoussant sans cesse les décisions de cette importance, je vais pour l’instant dire que ce n’est pas quelque chose que je fuirai. Quant à y retourner, j’ai déjà le projet de parcourir l’Amérique Latine avec mon frère à peine nos études finies et je vais évidemment revenir au Chili pour le parcourir de long (qui est très long) en large (ça ça devrait aller).

Huerquehue logo

16. Des conseils pour des gens qui voudraient s’y expatrier ?

Si je prenais le temps de me poser j’aurais surement 100 conseils à donner et il en manquerait bien d’autres mais pour l’instant, je vous donnerai les premiers qui me viennent à l’esprit :

  • Soyez patients
  • Très calme avec les Chiliens qui, parfois, vous surprendront par leur capacité à être extrêmement mal organisés
  • N’ayez pas peur des chiens (ils pullulent) et une pierre ramassée suffit souvent à les mettre en fuite sans même avoir besoin de la lancer
  • N’hésitez pas à prendre le bus ou même à faire du stop pour les changements de régions et prenez l’avion pour traverser le pays ou même la moitié
  • Achetez un 4×4, vous en aurez besoin même en vivant dans une ville
  • Mangez des fruits… et surtout de l’avocat 😉

Mais comme une épine d’expérience vaut toute une brousse d’avertissements, découvrez et apprenez par vous-même !

17. Qu’en est-il du budget pour voyager au Chili?

Le budget, LA grande question pour tout voyageur ! Mais tellement difficile d’y répondre avec exactitude… Car finalement, l’expérience de chacun est différente, sa façon de voyager aussi et le portefeuille se vide de manière bien différente.

Mais pour donner une réponse relative à mon expérience personnelle, il faut que vous sachiez que je suis un voyageur du genre économe. Pas radin car j’aime mettre le prix quand ça vaut le coup, mais quand je peux économiser en me passant d’un relatif confort, je le fais volontiers. Donc pour moi, le Chili représente un pays parfait pour les voyageurs sans l’argent.

Concernant le transport : le Chili est long de 5000 kilomètres et large de 200 au plus. Par sa topographie, il est parcouru par une route seulement, route qui passe par toutes les grandes villes ou presque. Ainsi, plutôt que de prendre le bus, le stop est un excellent moyen de voyager, toutes les voitures que vous allez croiser sur la route vont au moins jusqu’à la prochaine ville, ils sont tous susceptibles de vous aider. J’ai voyagé ainsi et je n’ai jamais attendu plus de 10 minutes sur le bord de la route. Pour une femme seule, ce n’est pas forcément conseillé, mais pas parce que c’est le Chili (vous pouvez faire confiance aux gens, ils sont adorables), juste car on ne sait jamais sur qui on peut tomber.

Du point de vue de la nourriture, les restaurants ne sont pas spécialement bon marché et dans les petits restos pas chers, vous ne mangerez pas forcément bien (les Chiliens mangent très gras et très sucré ou très salé). Par contre, si vous faites vos courses sur le marché, vous pouvez vous en tirer avec de très bons produits pour vraiment pas cher.

Et finalement, au niveau du logement, les hôtels sont souvent un peu chers mais pas tout le temps de qualité, surtout dans les lieux très touristiques comme San Pedro de Atacama. Finalement, la meilleure alternative pour moi serait de voyager en camionnette avec couchette ou en faisant du stop avec une tente, ainsi vous profiterez du Chili comme il se doit.

18. Tes prochaines destinations ?

Ma prochaine destination : l’inconnu car quand rien n’est pour sûr, tout peut arriver.

Vous pouvez voir la première partie d’une série de vidéos réalisées par Denis à propos de son voyage au Chili :

Et vous, quelle sera votre destination de stage ou d’expatriation? N’hésitez pas à consulter nos autres articles sur notre blog voyage pour trouver l’inspiration ! Envie d’en apprendre plus sur cette région du monde ? N’hésitez pas à consulter nos conseils de voyage en Amérique du Sud.

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