Des milliers de kilomètres parcourus, des moments plus difficiles, la récompense : ce sourire.

Pays aux paysages somptueux, aux volcans terrifiants et à la jungle impressionnante, le Guatemala offre aussi une richesse culturelle inégalable. Le meilleur moyen de la découvrir? Plonger la tête la première en faisant une mission humanitaire. Treize jeunes, 3 semaines, 2 maisons à construire; voilà le défi qui attendait notre groupe. Dire que ce voyage nous a changés serait un euphémisme, cette expérience a fait de nous qui nous sommes maintenant.

Mission humanitaire au Guatemala

Au pays du Quetzal

Durement touchés par les catastrophes naturelles dans les dernières années, 54% des guatémaltèques vivent sous le seuil de la pauvreté et ce taux atteint 80% dans les populations indigènes. Les plus grandes victimes sont bien-sûr les enfants. Selon un rapport d’Unicef, près de la moitié des jeunes guatémaltèques souffrent de malnutrition. Si ces chiffres sont aberrants, il est difficile pour nous, occidentaux, de s’imaginer ce que ça représente concrètement. Dès notre arrivée à Santa Maria de Jésus, petit village à la base du volcan Agua, nous avons eu une bonne idée du sérieux de la situation.

Stage humanitaire Guatemala

On peut voir sur cette photo les maisons en tôle qui leur servent d’abri contre le vent, la pluie et le froid.

Hola! ¿ Qué tal?

Après une journée à découvrir la magnifique cité coloniale d’Antigua, nous avons fait connaissance avec les représentants de Constru Casa, organisme sans but lucratif qui s’occupe de l’organisation de stages humanitaires au Guatemala depuis 2004. Nous avions la chance d’être hébergés dans des familles d’accueil en plein cœur de la ville, à quelques kilomètres du village de Santa Maria de Jesus où nous ferions du bénévolat pour les semaines suivantes. N’étant pas particulièrement doués en espagnol, c’était la chance pour nous de vivre avec des locaux et sortir de notre zone de confort. Cela représente l’essence même du voyage, être capable de s’adapter.

« Rester, c’est exister. Voyager, c’est vivre» – Gustave Nadaud

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Au travail !

Chaque matin nous avions 20 minutes de mini-bus à faire pour se rendre dans le petit village qui comptait une centaine d’habitants. Fidèles à eux-mêmes, les bus étaient remplis à pleine capacité avec des gens sur le toit. Si c’était un peu déroutant pour nous au départ, c’est vite devenu un sujet de plaisanterie. Séparés en deux groupes, nous étions sur des chantiers différents aux extrémités de Santa Maria de Jesus. Les deux familles qui se voyaient offrir une maison par Constru Casa participaient activement aux travaux. Tout le monde mettait la main à la pâte, même les jeunes enfants nous impressionnaient par leur endurance et leur volonté à nous aider.

Bien que rudimentaires, les maisons en ciment que nous construisions étaient déjà une amélioration notable à leur demeure actuelle formée de tôles et autres matériaux qui n’étaient pas adaptés aux conditions climatiques plus difficiles des montagnes. Si nous étions présents de 9h à 16h, ce n’était rien à côté des ouvriers guatémaltèques qui arrivaient tôt le matin et repartaient après nous le soir. Nous avons aussi eu la chance de visiter l’école du village. Ce fut probablement le plus gros choc pour moi, ces enfants qui vivent dans une telle pauvreté, assis sur des bancs d’école avec leurs grands sourires.

Ça nous amène à nous poser des questions sur nous-mêmes, comment pouvons-nous seulement nous plaindre des petits tracas du quotidien ?

Stage humanitaire Guatémala

Le résultat final

Moment très émotif pour nous, le dernier jour sur le chantier arriva finalement. Pour l’occasion Constru Casa avait organisé une «despedida», petite fête avec tout le monde qui avait participé au projet. Les familles nous préparaient le repas pour l’occasion et ce fut un moment absolument magique. Bien que nous étions bénévoles, nous avons eu la plus grande récompense ce jour-là en voyant le visage des membres de la famille découvrant leur nouvelle maison. Aussi futile que ça peut être pour nous, ils étaient heureux de voir que la maison comprenait… une toilette fonctionnelle. Encore une fois, ça nous amène à nous questionner sur nos valeurs.

À la fin de la journée, nous avons donné quelques cadeaux aux enfants. Mario, à l’extrême gauche de la photo, n’avait rien reçu. J’ai voulu lui donner ma casquette bleue que j’avais portée toute la semaine. Elle était sale et usée. Sa réaction me bouleversa, on aurait dit que je lui avais donné 1000$. En ce temps de Noël, juste repenser à ce moment me ramène sur terre.

Stage humanitaire Guatémala

La fin du voyage au Guatemala

Le cœur gros, nous avons quitté Santa Maria de Jésus et sa population attachante. Avec une semaine à faire avant de rentrer au Québec, nous sommes partis sur la route guatémaltèque. Sans vouloir entrer dans les détails (un autre article sera fait éventuellement sur ce magnifique pays), nous sommes partis vers le Lac Atitlán, un des plus beaux lacs au monde. S’en suivit la visite de Chichicastenango reconnu pour son impressionnant marché extérieur, un des plus colorés de l’Amérique latine. Après avoir fait le plein de ponchos, le groupe de gringos que nous sommes s’est dirigé vers la côte pacifique pour conclure ce voyage en beauté. Le Guatemala, qu’on visitait jadis comme une extension du Mexique, est un incontournable en Amérique Centrale.

« Probablement un des plus beaux souvenirs de voyage de ma vie est ce jour où nous avons suivi cet homme à travers les champs et la jungle. Bien que difficile, cette randonnée se termina d’une façon géniale. Assis sous un avocatier avec un chocolat chaud et un peu de guacamole, l’homme en question nous raconta l’histoire de la guerre civile au Guatemala. Ce moment restera à jamais gravé dans ma mémoire.»

Stage humanitaire Guatémala

Par rapport à la violence. Ne vous arrêtez pas à la mauvaise presse qu’on fait du Guatemala, il suffit de prendre des précautions comme vous le feriez dans n’importe quel pays.

Bien que ce soit cliché, ce voyage fut l’occasion de réaliser à quel point nous avions de la chance dans la vie. En plus d’en apprendre plus sur ce pays, j’ai appris beaucoup sur moi-même. Une expérience comme celle-là est nécessairement suivie d’une grande remise en question. C’est justement cette remise en question qui est le but ultime de toute mission humanitaire.

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Si jamais vous êtes intéressés par un stage avec l’organisme ConstruCasa : https://www.construcasa.org/en/

Nous espérons que cet article aura su éveiller votre attention, vos convictions et peut-être même votre envie de faire un stage humanitaire ! En attendant le grand départ, découvrez d’autres destinations sur notre blog voyage ! 🙂

Partir autrement: mission humanitaire au Guatemala !
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