Et si l’on mettait à profit notre voyage pour aider les autres ? Romain nous livre son expérience au Laos.

La première source de motivation chez le voyageur est la découverte. Certains aiment les plages de sable blanc bordées de cocotiers, d’autres les temples grandioses perdus dans la jungle birmane ou encore les mégalopoles grouillantes telles que Tokyo. Bref on aime tous en prendre plein les mirettes et s’extasier devant de somptueux paysages, et tant qu’à faire, en bonne compagnie. Mais qui n’a jamais refait le monde parfois jusqu’au lever du jour jusqu’à  s’écrier que celui-ci ne tournait pas rond et qu’il faudrait faire évoluer les mentalités ? Et bien voilà, on peut tous décider d’y prendre part; le milieu du volontariat et de l’associatif entre autre permet des actions concrètes au niveau local mais aussi au niveau international.

Bénévolat au Laos

« Voyager différemment : comment mettre son temps au profit des autres ? »

 J’en vois déjà me dire « attends mais faire de l’humanitaire c’est pas donné à tout le monde ». Il existe des écoles et des centres de formation c’est vrai, où l’on apprend à mettre des projets en place et à comprendre comment fonctionne ce milieu, mais on peut aussi donner un peu de son temps lorsque l’on part à l’étranger. Cela nécessite un minimum de flexibilité au niveau de votre planning, voire une programmation pour ceux qui ne partent que quelques semaines, mais cela vaut le détour. La satisfaction de voir que l’on peut aider, échanger et apprendre d’autres cultures peut être un élan générateur de bien d’autres projets encore. Partir en ayant dans l’idée que son voyage ne sera pas qu’un moyen de prendre du bon temps à l’étranger nous fait doublement apprendre:

  • On s’imprègne d’autres cultures, d’autres coutumes. On s’immerge dans un mode de vie local qui n’est pas le nôtre, un mode de vie où il faut savoir s’adapter et oublier en quelque sorte les codes sociaux qui nous ont régis pendant des années : « apprendre à désapprendre » comme j’aime souvent le dire.
  • On apprend aussi sur soi, on se découvre des compétences et on en approfondit d’autres. On se découvre pédagogue, bon  chef d’équipe ou encore logisticien pour d’autres. Sans compter les personnes manuelles qui peuvent mettre à profit les qualités de leurs dix doigts et les concrétiser par des projets utiles.

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« Le volontariat ; une manière de tendre la main vers son prochain »

Le volontariat et l’éco-tourisme sont des atouts à valoriser pour voyager différemment ; ils permettent de promouvoir le partage inter-culturel et la préservation de notre planète. Si l’on veut continuer d’apprécier les moments de plénitude que l’on vit aujourd’hui en voyageant à travers le monde, on se doit d’investir une partie de son énergie dans des actions qui sauveront le monde de demain. Les liens tissés à partir d’un échange mutuel nous poussent à nous élever et c’est cette énergie-là, je pense, qui nous permettrait de tirer notre bonne vieille Terre de ce mauvais pas.

Je me souviens de mon arrivée au Laos depuis Bangkok

Je me souviens de mon arrivée au Laos depuis Bangkok, j’ai atterrit à Vientiane (la capitale politique) après 12h de train et quelques heures de bus. Dans le dernier bus je rencontre un couple de hollandais et ni-eux ni moi-même ne savions où poser bagage en passant la frontière. Après quelques hôtels nous arrivons dans une guesthouse de backpackers, le « funky monkey ». J’y rencontre un québécois, Marc, qui se rend au Nord de Van Vieng pour faire du volontariat dans un éco-village, nommé SAELAO Project. Je lui explique que je n’ai rien de prévu pour les prochains jours et en quelques heures de conversation me voilà embarqué pour les deux prochaines semaines dans les montagnes laotiennes.

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LA VIE AU SEIN DE L’ÉCO-VILLAGE

Le jour du départ, nous embarquons dans la benne du pick-up métallisé de Seng Keo, le propriétaire du site. Je me souviens du trajet chaotique et cahoteux pour rejoindre cet éco-village ; plusieurs kilomètres sur des pistes défoncées par la mousson, encerclées par des montagnes luxuriantes. Nous étions quatre jeunes au sourire accrocheur et à la langue déliée venant des quatre coins du monde (Québec, Pays-Bas, Taïwan et moi-même français). Je me suis dit que le voyage comportait de bien belles surprises si toutefois on leur laissait la possibilité d’exister.
La liberté de pouvoir prendre des décisions aussi rapides est un luxe qu’on ne peut pas tous se permettre, il faut donc savoir apprécier ces moments de légèreté avec pleine conscience.

La liberté de pouvoir prendre des décisions aussi rapides est un luxe qu’on ne peut pas tous se permettre

Arrivés sur le site, nous sommes accueillis par la troupe de volontaires et de locaux déjà affairée à divers travaux. Certains cuisinent, d’autres sont dans les rizières à creuser et à planter, il y en a qui nettoient ou encore qui nourrissent les animaux d’élevage. Je me rends vite compte que l’atmosphère qui règne à SAELAO est détendue et basée sur le partage: on se sent tout de suite intégré à l’énergie du groupe. La première semaine s’est écoulée en l’espace d’un claquement de doigt, comme c’est souvent le cas lorsqu’on passe de bons moments. J’ai passé beaucoup de temps dans les rizières à creuser des digues pour l’écoulement de l’eau, à cueillir des pousses de riz pendant des heures sous une pluie battante pour les replanter le lendemain dans un autre champ et même à conduire un de ces tracteurs artisanaux qu’il faut pousser à bout de bras dans 50 cm de boue. Une vraie partie de plaisir, surtout quand on prend sa douche le soir !! Bref la vie ici n’est pas de tout repos mais la bonne ambiance et l’absence de pression motive à donner du sien.

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SAELAO est un projet communautaire destiné à la promotion de la culture laotienne dans un respect de l’environnement. Il n’y a pas que des étrangers qui y travaillent, une partie du staff est composée de laotiens: ils viennent du village pour aider dans les champs, nous expliquer comment planter le riz ou pour nous apprendre comment utiliser le tracteur. Certains pratiquent un très bon anglais, d’autres beaucoup moins, mais ça n’empêche pas de partager d’agréables moments à rire les uns avec les autres.

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Ainsi après avoir pataugé dans la gadoue et les pousses de riz la première semaine, je me suis mis dans la peau d’un professeur d’anglais durant la deuxième; en effet à partir de 17h, des cours d’anglais sont proposés aux jeunes du village, et il y en a pour tous les âges, de 6 à 20 ans. Leur désir d’apprendre est impressionnant : ils arrivent en classe avec un sourire timide et repartent riant aux éclats, comme si le temps d’une heure de cours les frontières s’étaient dématérialisées, nous rapprochant sous la bannière de l’échange. Je me suis découvert un respect indétrônable pour mes anciens professeurs d’anglais, pour leur patience et leur technique, car enseigner une langue qui n’est pas la nôtre peut se révéler un calvaire.

Néanmoins, lorsqu’un élève revient le lendemain en ayant compris la leçon de la veille, c’est une petite fierté collective qui se met en marche

Néanmoins, lorsqu’un élève revient le lendemain en ayant compris la leçon de la veille, c’est une petite fierté collective qui se met en marche. L’enseignement est un métier de vocation à mon humble avis, certains font preuve d’une pédagogie toute naturelle quand d’autres s’arrachent les cheveux à expliquer la différence entre le preterit et le present perfect. Ces cours d’anglais sont organisés par les volontaires dans une salle de classe commune pour tous les niveaux; l’ambiance y est parfois un peu agitée mais tout se passe dans le respect. Les enfants débordent d’énergie, ils arrivent souvent après une journée de labeur dans les rizières, marchent parfois plusieurs kilomètres pour améliorer leur pratique de la langue pour seulement une voire deux heures d’enseignement. La mise en place de cette classe représente beaucoup pour la jeune population laotienne du village. Comme beaucoup me l’ont dit, l’anglais peut leur ouvrir des portes sur le monde de demain,  certains voudraient devenir médecin ou instituteur voire travailler dans le tourisme et sans la pratique de cet outil cela s’avère beaucoup plus compliqué. Ce projet est une véritable aubaine pour eux, il ne faut pas relâcher les efforts.

C’était une expérience étonnante et constructive, le genre d’expérience qui pousse à aller de l’avant, à mettre en place d’autres projets de ce type et persévérer dans cette voie.

En parallèle, des cours de théâtre sont donnés une fois ou deux par semaine. Rires assurés pour ceux qui veulent mettre la main à la pâte. Des ateliers de clown aux parodies de Roméo et Juliette, l’initiation au théâtre permet aux jeunes de mettre en pratique ce qu’ils ont appris en anglais tout en ayant cette liberté d’expression propre au jeu de scène. Voyager différemment ne veut pas dire mettre son bonheur de côté, cela veut dire qu’on peut faire bouger les choses en tendant la main aux autres et en s’entraidant mutuellement.

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Je vous ai parlé principalement des activités mises en place dans ce volontariat, mais il y a une chose dont je n’ai pas fait mention ; le cadre du site. Il est tout simplement extraordinaire ! On se retrouve à quelques kilomètres de la ville de Van Vieng, perdus en pleine campagne laotienne, avec pour barrière naturelle des montagnes florissantes, une jungle magnifique et des terres cultivées où le patchwork des rizières et les sourires des laotiens viennent embellir votre journée. Il y a également de magnifiques grottes à visiter aux alentours et des spots pour se baigner après une dure journée de labeur.

SAELAO fait partie de ces endroits où l’on se sent aussi bien avec d’autres voyageurs qu’avec les laotiens. Il manque par ailleurs des volontaires au long terme car le gros problème de cet éco-village c’est le turn-over incessant ; les personnes sont souvent de passage et continuent ensuite leur route vers d’autres aventures, comme je l’ai fait également. Certains restent jusqu’à trois mois et parviennent à mettre en place des projets un peu plus importants, comme construire une hutte de méditation ou des lits à étages, créer un jardin biologique, mettre en place une pisciculture ou des douches solaires. Les idées ne manquent pas et la motivation des volontaires est leur premier outil de travail, chacun vient avec ses compétences, ses expériences et ses attentes en espérant apprendre autant qu’enseigner. Si vous désirez mettre votre temps au profit des autres, que l’Asie vous a toujours attiré et que le travail en milieu rural ne vous fait pas peur, n’hésitez pas à contacter Sengkeo par le biais du site web de SAELAO : http://saelaoproject.com/

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La participation au volontariat est payante, mais ça ne représente que 70€ par semaine et plus vous restez longtemps moins vous dépenserez. Il s’agit de l’argent pour la nourriture, pour le logement et pour améliorer le quotidien de ceux qui travaillent là-bas. On trouve bien souvent sur internet du volontariat international pour des sommes dépassant le millier d’euros par mois, le but n’est pas le profit, mais la pérennité dans le but d’un développement local contrôlé et respectueux de l’environnement autant que faire se peut.

Nous espérons que cet article aura su éveiller votre attention, vos convictions et peut-être même votre envie de partir à la conquête du monde ! En attendant le grand départ, découvrez d’autres destinations sur notre blog de voyages ! 🙂

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